Troisième Dimanche de L’Avent


Troisième Dimanche de L’Avent

Année A

Première Lecture : Isaïe 35, 1-6a.10

Psaume : Psaume 146, 6-10

Deuxième Lecture : Jacques 5,7-10

Évangile : Matthieu 11, 2-11

PRIER

Psaume 146, 6-10

Alléluia ! Loue le Seigneur, mon âme !

Lui qui a fait le ciel et la terre,

la mer, et tout ce qu’ils renferment !

Il garde à jamais la vérité,

il rend justice aux opprimés,

il donne aux affamés du pain,

le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur rend la vue aux aveugles,

le Seigneur redresse les courbés,

le Seigneur protège l’étranger,

il soutient l’orphelin et la veuve.

Le Seigneur aime les justes,

mais détourne la voie des impies,

le Seigneur règne pour les siècles,

ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge.

LIRE LA PAROLE

Première lecture
Isaïe 35, 1-6a.10

Que soient pleins d’allégresse désert et terre aride, que la steppe exulte et fleurisse ; comme l’asphodèle qu’elle se couvre de fleurs, qu’elle exulte de joie et pousse des cris, la gloire du Liban lui a été donnée, la splendeur du Carmel et de Saron.

C’est eux qui verront la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.

Fortifiez les mains affaiblies,

affermissez les genoux qui chancellent.

Dites aux cœurs défaillants :

« Soyez forts, ne craignez pas ;

voici votre Dieu.

C’est la vengeance qui vient, la rétribution divine. C’est lui qui vient vous sauver. »

Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds s’ouvriront.

Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet criera sa joie.

Parce qu’auront jailli les eaux dans le désert et les torrents dans la steppe.

Ceux qu’a libérés le Seigneur reviendront, ils arriveront à Sion criant de joie, portant avec eux une joie éternelle.

La joie et l’allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront.

Deuxième lecture
Jacques 5, 7-10

Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’Avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière-saison. Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de ne pas être jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Évangile
Matthieu 11, 2-11

Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. C’est celui dont il est écrit :

‘Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.’

En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. »

ENTENDRE LA PAROLE

Au-delà de la plainte : le Seigneur règne pour les siècles

Isaïe de Jérusalem avait des raisons de se plaindre. Vivant dans la dernière partie du VIIe siècle avant le Christ, le prophète voyait son pays ravagé par les guerres avec la puissante Assyrie, la population réduite à la misère et privée de sa liberté, le Temple profané, les espérances nationales balayées et enterrées sous le joug de l’oppression. Or plongé dans cette réalité troublée, le prophète regarde au-delà et au-dessus de sa situation immédiate pour contempler la tradition religieuse d’Israël. Il y trouve une réalité différente, la réalité du salut de Dieu. Dans l’oracle que nous lisons ce dimanche, il décrit ce salut de façon poétique. D’abord, il voit les déserts et la steppe (Araba) fleurir. Ce regain de vie passe par la bénédiction de la pluie envoyée par Dieu pour abreuver et régénérer la nature. La création elle-même se réjouit et reconnaît la gloire et la splendeur du « Donateur-de-vie ». L’humanité est invitée à en prendre conscience et à accueillir ce réconfort : « Ne crains pas », dit le prophète. Si Dieu restaure la terre désolée, à combien plus forte raison restaurera-t-il son peuple. Ensuite, le prophète évoque quatre infirmités affectant le peuple : celles des yeux, des oreilles, des jambes et de la langue. Dans le contexte social de l’époque ce type d’infirmités isolait de la communauté les personnes qui en étaient victimes. Ces maux étaient en outre considérés comme la conséquence de méfaits commis dans le passé. Quoi qu’il en soit le prophète affirme que même ce genre de distorsions peut être guéri par Dieu. Le peuple recréé entrera alors à Sion, la sainte montagne de Dieu, pour prendre possession de ce monde nouveau libéré de la souffrance et des plaintes. Et il le fera dans une joyeuse procession en communion de célébration avec la création tout entière.

Les premiers chrétiens avaient toutes les raisons de se plaindre. L’auteur de la deuxième lecture, identifié à Jacques l’Ancien appelé le « frère du Seigneur », fut martyrisé en 62 après Jésus Christ ; le martyr n’étant pas quelque chose d’exceptionnel pour les chrétiens de la primitive Église. Les premières années du christianisme furent marquées par nombre d’oppositions et de persécutions. Pour aggraver la situation, il se trouve que la parousia (le retour de Jésus, le Seigneur glorifié) si ardemment désirée tardait à venir. Initialement, les chrétiens espéraient voir ce retour de leur vivant. Au fur et à mesure que les années passaient, ils en vinrent à réaliser que le Christ n’était pas prêt de revenir. Ce qui aurait pu engendrer la frustration chez les croyants. Les espérances et les attentes déçues peuvent facilement conduire au découragement qui, à son tour, engendre la plainte et finalement le conflit. L’auteur avertit les chrétiens pour qu’ils ne tombent pas dans le piège de la récrimination les uns contre les autres. De telles attitudes en effet détruisent l’unité de la communauté, et la personne qui cause ces divisions encourt le jugement. L’exhortation positive dans cette lecture attire l’attention sur les attitudes que les chrétiens devraient cultiver. La première est la patience, à la ressemblance du laboureur qui attend la moisson. Ce dernier fait confiance à Dieu qui donne le nécessaire en temps voulu et assure le bien-être. Jacques poursuit avec l’exemple des prophètes, en ayant peut-être à l’esprit les oracles d’Isaïe. La plupart du temps les prophètes ont parlé dans un contexte de souffrance, de persécution et de désespérance. C’est dans ce contexte défavorable qu’ils lançaient fidèlement leur message. Les chrétiens sont appelés à imiter leur patiente endurance. De fait, elle leur est indispensable pour attendre l’intervention salvifique de Dieu qui, en dépit de toutes les incertitudes, viendra sûrement car ce dernier ne peut manquer à ses promesses.

Jean Baptiste avait lui aussi toutes les raisons de se plaindre. Il avait sûrement entendu parler des actions de Jésus. Celles-ci, comme le laissait entendre Jésus lui-même, accomplissaient les prophéties messianiques d’Isaïe que nous a rapportées la première lecture. Mais Jésus va au-delà de ces prophéties, relevant les morts et proclamant la bonne nouvelle aux pauvres. Lorsque Jean lui pose sa question pour savoir s’il est le Messie attendu, il se pourrait très bien qu’il pense à un autre oracle prophétique. Isaïe 61, 1, un autre passage significatif sur les actions du Messie, signalait qu’il « libérerait les captifs ». Or lui, Jean est encore à se languir en prison sans recevoir de signe ou entrevoir l’espoir d’une libération prochaine. À cause des espérances déçues du Baptiste, Jésus parle de la béatitude de ceux qui « ne trébucheront pas » à cause de lui. En tenant un tel propos, il fait comprendre que Jean doit accepter le Messie en ses termes à Lui, Jésus. Le Messie vient pour accomplir ses desseins, pas nécessairement pour répondre aux espérances et aux besoins de chaque individu, même quand ces attentes sont justifiées. Ces paroles adressées directement à Jean le sont aussi à la génération de Jésus qui espérait le Messie sous les traits d’un roi issu de la dynastie davidique, lequel rétablirait le royaume terrestre d’Israël. Les contemporains de Jésus ont donc pu « trébucher » à cause de lui et de sa manière d’établir le Règne de Dieu : mourant sur la Croix et ouvrant les portes du Royaume à tous les peuples. Pour la plupart d’entre eux, ce n’était pas ce que le Messie était supposé faire.

Le passage de l’Évangile se poursuit avec la plus haute louange jamais destinée à une personne dans le Nouveau Testament. Jésus loue Jean pour son intégrité et pour sa loyauté. C’est un prophète et un envoyé de Dieu qui accomplit les prophéties de Malachie (3, 1). Il est aussi le plus grand de tous les hommes jamais né ! Toutefois sa grandeur en tant qu’être humain et en tant que dernier prophète de l’Ancien Testament est surpassée par les chrétiens qui ont le privilège d’appartenir au Royaume de Dieu. L’auteur de l’Évangile veut mettre en lumière ce grand privilège et l’infinie dignité dont jouissent ces derniers en raison de ce que Jésus a accompli pour eux. Du fait de cette grâce, les disciples de Jésus se situent au-dessus, mais non à part, de tous ceux qui les ont précédés, y compris les prophètes de l’Ancien Testament.

La liturgie du troisième dimanche de l’Avent proclame l’engagement absolu de Dieu dans l’œuvre du salut. Commençant par Isaïe, elle met l’accent sur Dieu Sauveur qui restaurera sa création et son peuple, les rétablissant dans un état de sécurité et de bien-être. Matthieu poursuit lui aussi sur ce thème, déclarant que c’est Jésus qui est acteur du salut. En raison de ce qu’il a accompli, ses disciples peuvent être sûrs de la dignité qui leur a été conférée, et de l’avenir encore plus merveilleux qui les attend. Les mots de Jacques ont pour fonction de faire comprendre comment gérer la situation présente, difficile et décourageante. Ils insistent sur la patience et l’endurance. Matthieu quant à lui prêche la confiance en l’action de Dieu. Nous devons laisser Dieu être Dieu et agir de la façon et au temps qu’il a choisis. Assurés de son salut, nous n’avons aucune raison de nous plaindre et par là-même de lui retirer notre confiance et de laisser notre foi s’altérer. Bien plutôt, l’attitude juste pour un croyant, en dépit des circonstances défavorables, c’est de prendre conscience que notre Dieu règne pour les siècles. Nous qui croyons en lui, pouvons être sûrs de son salut. Par conséquent, avec l’auteur du Psaume 146, nous pouvons chanter dans la confiance le chant de louange et d’action de grâce, le joyeux « Alléluia » que nous propose la liturgie.

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

Il nous arrive à tous de nous plaindre. Parfois nous avons de bonnes raisons pour le faire, mais parfois non. Il semble que la plainte fasse partie de notre nature et de notre condition humaine. Un dictionnaire définit la plainte comme l’expression de l’insatisfaction, de la douleur, du chagrin, du malheur. Elle conduit à une large palette de sentiments, telles la colère, l’impatience, la fureur et quelquefois la violence. De nombreuses entreprises ont un service des réclamations où les consommateurs peuvent faire entendre leur mécontentement quant aux produits achetés ou aux services rendus. Sur Internet, nous sommes constamment sollicités afin de répondre à des enquêtes ou à des questionnaires pour exprimer nos doléances. Ainsi la « plainte » est-elle devenue une industrie.

Dans certains cas toutefois, il est nécessaire de porter plainte pour attirer l’attention des autorités sur la violation des droits des personnes et des communautés, de signaler les dysfonctionnements. Même dans nos relations, les plaintes jouent un rôle de signal d’alarme à l’égard des autres pour leur faire comprendre que certaines choses faites ou dites, blessent et ont des conséquences négatives. En politique, tout particulièrement après des élections, des partis peuvent contester les résultats et souvent, ainsi que nous l’avons vu dans nos pays, ces plaintes engendrent la violence. Dans les bassins d’emploi, les travailleurs se plaignent également des conditions de travail iniques, des salaires insuffisants, etc. Ainsi la plainte s’est-elle déplacée, devenant non plus seulement une question personnelle mais une question de droits humains –et nous sommes en droit de porter plainte et d’attendre une réponse et des résultats. Cette compréhension de la plainte a certainement sa place dans la réalité humaine et nous en avons vu certains aspects positifs. Cependant, elle peut aussi engendrer des conséquences négatives comme dans les cas de conflits et de violence.

Aussi importante la plainte soit-elle, tout particulièrement dans les situations qui demandent du temps pour trouver une solution, elle peut conduire à faire perdre tout espoir, avec les conséquences tragiques qui accompagnent une telle position. Dans nos vies spirituelles, la plainte monte lorsque nos prières n’ont pas reçu de réponse immédiate, ou lorsque nous avons reçu une réponse qui n’était pas celle que nous voulions et espérions. Les Psaumes offrent des exemples de plaintes de cette nature. Mais dans ces textes, les plaintes ne sont jamais le dernier mot. De fait, par la patience et la persévérance, elles conduisent à une foi plus profonde, à une attente patiente de la sage intervention de Dieu au temps voulu. Sans la foi dans l’amour de Dieu et la confiance dans ses desseins, dans sa fidélité et sa sagesse, les plaintes et les déceptions de la vie peuvent aboutir à la perte de confiance, à l’amertume, à la colère et à des actions destructrices pour nous. La patience est une vertu associée à la foi et à l’espérance. Les Psaumes, notons-le, nous enseignent que nous pouvons nous plaindre, mais en portant nos plaintes devant Dieu comme l’a fait Jean Baptiste. C’est alors que nous entendons la parole d’espérance. Une telle attitude s’enracine dans les vertus de patience et de foi qui nous amènent à porter un autre regard sur notre vie, nos projets et nos désirs. Cette attitude est très bien résumée dans ce proverbe africain : « Au lieu de te plaindre de ce que le rosier est plein d’épines, réjouis-toi de ce que le rosier porte une rose. »

ProverbE

« Au lieu de te plaindre de ce que le rosier est plein d’épines, réjouis-toi de ce que le rosier porte une rose. »

AGIR

S’examiner :

Notez par écrit un sujet de plainte en relation avec les points suivants : vos qualités personnelles, votre famille, votre paroisse, votre pays, votre relation à Dieu.

 

Répondre à Dieu :

Offrez vos plaintes à Dieu dans la prière. Dites la prière de sérénité (voir ci-dessous), discernez là où vous pouvez changer quelque chose et alors, faites-le. Acceptez ce qu’il vous est impossible de changer.

 

Répondre à notre monde :

À la suite de l’examen, distinguez parmi vos plaintes celles qui sont légitimes et celles qui proviennent de votre impatience, de votre paresse ou de vos erreurs.

En tant que communauté, quelle réponse pouvons-nous donner aux situations négatives auxquelles nous sommes confrontés, et comment pouvons-nous les traverser pour aller au-delà ?

PRIER

Dieu, accorde-moi la sérénité pour accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage pour changer celles que je peux changer et la sagesse pour faire la différence.

 

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