Quatrième Dimanche de L’Avent


Quatrième Dimanche de L’Avent

Année A

Première Lecture : Isaïe 7, 10-14

Psaume : Psaume 24, 1–6

Deuxième Lecture : Romains 1, 1-7

Évangile : Matthieu 1, 18-24

PRIER

Psaume 24, 1-6

Au Seigneur la terre et sa plénitude, le monde et tout son peuplement : c’est lui qui l’a fondée sur les mers, et sur les fleuves l’a fixée.

Qui montera sur la montagne du Seigneur ?

et qui se tiendra dans son lieu saint ?

L’homme aux mains nettes, au cœur pur : son âme ne se porte pas vers des riens, il ne jure pas pour tromper.

Il emportera la bénédiction du Seigneur et la justice du Dieu de son salut.

C’est la race de ceux qui le cherchent, qui recherchent ta face, Dieu de Jacob.

LIRE LA PAROLE

Première lecture
Isaïe 7, 10-14

Le Seigneur parla encore à Achaz en disant : « Demande un signe au Seigneur ton Dieu,

au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus. »

Et Achaz dit : « Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas le Seigneur. »

Il dit alors : « Écoutez donc, maison de David !

Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ?

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe :

Voici la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

Deuxième lecture
Romains 1, 1-7

Paul, serviteur du Christ Jésus, apôtre par vocation, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu. Cet Évangile que d’avance il avait promis par ses prophètes dans les Saintes Écritures, concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la chair, établi Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts, Jésus Christ notre Seigneur. Par Lui nous avons reçu grâce et apostolat pour prêcher, à l’honneur de son nom, l’obéissance de la foi parmi tous les païens, dont vous faites partie, vous aussi, appelés de Jésus Christ, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation, à vous grâce et paix, de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ.

Évangile
Matthieu 1, 18-24

Or telle fut la genèse de Jésus Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph : or avant qu’ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint. Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus : car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous ». Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme.

ENTENDRE LA PAROLE

Le thème : « Tu l’appelleras du nom de…. »

La liturgie du quatrième dimanche de l’Avent inclut quelques-uns des passages les plus connus de l’Ancien et du Nouveau Testament. Un thème important se retrouve dans ces lectures, celui de la nomination et du nom. Dans la pensée biblique, le nom n’est pas la simple désignation d’un individu, mais un vocable qui identifie la personne et en même temps la définit. Ainsi dans la Bible, connaître le nom de quelqu’un revient à connaître son identité et à avoir une idée sur sa mission et l’objectif qu’il poursuit dans la vie. Nommer ou changer le nom d’une personne relève de l’événement porteur de sens et lourd de significations.

Cette conception biblique du nom est manifeste dans la première lecture. Pour comprendre le passage, il nous faut d’abord étudier le contexte dans lequel Isaïe adresse son message au roi Achaz. C’était une époque de grande détresse pour les Israélites qui vivaient dans le royaume de Juda gouverné par ce roi. Achaz devait faire face aux attaques de plusieurs états voisins qui s’étaient coalisés contre lui. Leur objectif était de le renverser et probablement de l’exécuter, puis de se saisir du royaume et de son armée pour combattre les Assyriens, une chose qu’Achaz se refusait à faire. Achaz était terrifié et se préparait à un affrontement sans espoir. C’est au milieu de ces préparatifs, alors qu’il inspectait la réserve d’eau pour la-ville-prochainement-assiégée, qu’Isaïe vint à sa rencontre pour lui transmettre son message de consolation. De fait, il assura le roi que le Dieu fidèle d’Israël, le Seigneur, ne permettrait pas que sa ville bien-aimée, Jérusalem, soit envahie par ses ennemis ; quant à lui, il était en sécurité sur le trône. Pour le rassurer davantage, le Seigneur proposa au roi de lui donner un signe. Mais Achaz refusa, ne voulant pas demander de signe. Autant dire qu’il ne prenait pas le Seigneur au sérieux et qu’il ne voulait pas confier son destin à Dieu. De fait, l’histoire révéla qu’il avait déjà décidé de prendre les choses en mains et d’assurer sa propre survie sans en appeler au Seigneur. Il avait demandé de l’aide aux Assyriens, une nation étrangère de guerriers redoutables. Une faute considérable ! Les Assyriens répondirent positivement à sa demande, mais Achaz dut payer terriblement cher le prix de leur assistance et de leur protection : il devint le vassal du roi d’Assyrie, et le royaume de Juda perdit son autonomie. En outre et par le fait même, Achaz acceptait d’adopter les modes de vie assyriens, y compris en matière religieuse. Il renonça donc à la souveraineté de Juda qui devint une marionnette dans les mains des Assyriens. Ces nouveaux maîtres de Juda demandèrent aux Israélites d’adopter leur religion et Achaz obtempéra. Son cœur n’était pas attaché au Seigneur et il devint un roi idolâtre. Suivant les directives assyriennes, il réaménagea le Temple du Seigneur à Jérusalem afin qu’il puisse fonctionner comme un temple assyrien. Des dieux étrangers y furent désormais adorés. Enlever du Temple l’autel des sacrifices et tous les autres symboles du culte d’Israël signifiait l’abolition des pratiques religieuses d’Israël ainsi que l’éviction pure et simple du Seigneur hors de son temple ! Jérusalem devint une ville païenne et Juda une province assyrienne. Les Israélites cessèrent donc d’être le peuple de Dieu (voir 1 R 16).

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la prophétie d’Isaïe touchant la naissance d’un enfant. L’enfant dont il est question ici est le fils d’Achaz que sa jeune femme, enceinte, s’apprêtait à mettre au monde. Ce devait être un homme ordinaire qui réaliserait une tâche extraordinaire, définie par le nom symbolique qui lui avait été donné : Emmanuel –« Dieu avec nous ». Ce nom explicitant pour quoi il était né et le travail qu’il était destiné à accomplir. L’histoire nous permet de mieux comprendre : le roi idolâtre Achaz avait un fils nommé Ézéchias. Ce dernier était tout l’opposé de son père. De fait, Ézéchias secoua le joug assyrien à la première occasion venue et entreprit une réforme religieuse de grande envergure. D’abord, il rendit au temple de Jérusalem sa fonction spécifique. Le débarrassant de tous les éléments assyriens, il le réaménagea pour qu’il redevienne le temple du Seigneur et restaura le culte du Dieu d’Israël. En outre, il fit disparaître du pays tous les lieux où les idoles étrangères avaient été adorées et il reconstitua la nation conformément à la loi divine. En bref, Ézéchias ramena le pays et le peuple à sa foi ancestrale.

Son nom, « Emmanuel », reflète parfaitement la mission accomplie : grâce à lui, Dieu fut ramené dans son Temple et les Israélites retrouvèrent leur identité de peuple de Dieu ; grâce à lui, ils purent dire une fois encore : « Dieu est avec nous. »

Le nom de Paul était initialement Saul. Il fut changé en celui de Paul après l’expérience sur le chemin de Damas et la rencontre avec le Seigneur ressuscité. Dans les lignes d’ouverture de la lettre aux Romains, Paul ne fait aucune référence explicite à ce changement de nom. Mais il rend compte de son identité en utilisant trois qualificatifs très significatifs : « serviteur du Christ Jésus », « apôtre », « mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu ». Ces trois qualificatifs nous donnent une compréhension globale de l’identité de Paul et de sa mission. D’abord, Paul appartient entièrement au Christ, au point de se considérer comme « serviteur » ou « esclave ». Mais soyons clairs : il considère son état de « serviteur » comme un privilège et non pas comme un esclavage imposé par le Christ. Il se définit comme envoyé, « apôtre », ce qui explicite sa façon de vivre : Paul est un émissaire de Dieu, un pèlerin, constamment en mouvement pour annoncer l’Évangile jusqu’aux limites les plus éloignées du monde connu à cette époque. Enfin, son objectif dans la vie est de porter l’Évangile de Dieu –le message de ce que Dieu a fait dans et par son Fils. Sa destinée et sa raison de vivre est la proclamation de l’Évangile de Dieu parce que ce dernier l’a mis à part pour accomplir cette tâche spécifique.

Tel Ézéchias, l’« Emmanuel », Paul se consacre résolument à mener à bien la mission que Dieu lui a confiée de répandre l’Évangile dans le monde. Il est célèbre pour l’intensité de son engagement dans cette mission qu’il poursuit sans compromission.

La naissance de Jésus telle qu’évoquée en Matthieu tourne tout entière autour de la nomination du nouveau-né par Joseph. Ce dernier, un homme juste, accueille comme sien l’enfant qu’il sait avoir été conçu par le Saint-Esprit. Il le fait de façon officielle en donnant au nouveau-né le nom qui lui a été révélé par l’ange. Le nom que nous connaissons en français, « Jésus », se dit en hébreu, la langue maternelle de Joseph, « Yeshua ». Comme dans le cas d’Ézéchias, ce nom est porteur de sens : « Dieu sauve. » Ainsi, la vie de cet enfant sera entièrement vouée à apporter le salut de Dieu au monde. Par Jésus, Dieu sauvera le monde ! Son nom le dit. La mission salvifique de Jésus ne constitue pas un épisode isolé de l’histoire. Voilà pourquoi Matthieu indique clairement que Jésus, dans son œuvre de salut, poursuivra ce que Dieu a déjà commencé avec Ézéchias, le premier Emmanuel. Ainsi dans le prolongement des actions de ce dernier, Jésus restituera Dieu à son peuple et il réparera la relation divino-humaine brisée par le péché. Il « sauvera son peuple de ses péchés » : autrement dit, Jésus détruira la barrière du péché qui empêche l’humanité de se relier à Dieu et de devenir son peuple. Alors qu’Ézéchias avait restauré le Temple et la terre du Seigneur, Jésus, le nouvel Emmanuel, restaurera une relation juste entre Dieu et l’humanité.

Les noms véhiculent des significations qui traduisent ce pour quoi nous sommes ici-bas. Ézéchias, Paul, Jésus ont chacun joué un rôle très particulier et très significatif dans le projet de Dieu de sauver le monde. Ézéchias a fait en sorte que la foi au Dieu unique et véritable ne meure pas au temps de la crise assyrienne, quelque 700 ans avant la naissance de Jésus. Jésus, le propre Fils de Dieu, a apporté le salut à l’humanité par la Croix, détruisant les conséquences aliénantes du péché et ouvrant l’accès à Dieu pour tous les peuples. Paul devint un apôtre (un messager) de cette bonne nouvelle, la portant à tout l’univers et fondant des communautés de croyants. Ceux qui l’ont accueilli et écouté sont entrés dans une relation nouvelle avec Dieu, par Jésus, et ils ont commencé à vivre en chrétiens. «Chrétien » est le nom qui convient à tous ceux qui cherchent à devenir des artisans du salut de Dieu dans le monde, en se conformant à la façon de vivre de Jésus. Ainsi, les chrétiens peuvent se reconnaître dans « la race de ceux qui recherchent la face du Dieu de Jacob », comme le dit le psalmiste.

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

Les noms sont très importants dans l’histoire humaine et tout particulièrement dans nos cultures africaines. Il arrive souvent qu’au lieu de donner au nouveau-né un nom abstrait dépourvu de signification, les parents et les proches choisissent un nom en relation avec les circonstances de sa naissance et qui exprime les vœux de bonheur souhaités à cet enfant. Dans les langues indigènes, beaucoup de noms ont une signification qui manifeste ces sentiments. Nous constatons l’importance des noms dans un autre domaine, celui de l’appellation des bâtiments et des voies de communication. Après l’indépendance, de nombreuses nations d’Afrique ont changé les noms de places, de rues et même de pays, qui étaient liés à l’époque coloniale, pour les remplacer par des noms de personnes ayant mené la lutte pour l’indépendance, ou par d’autres noms porteurs de significations et propres à exprimer leur identité. Les libérateurs espéraient ainsi changer l’histoire et la mémoire des peuples grâce à ces nouveaux noms de villes, de bâtiments, de voies d’accès.

Parfois, des adultes changent de nom comme le fit le célèbre boxeur récemment décédé, Mohammed Ali. Des musiciens changent leurs noms pour les rendre plus « accrocheurs » et susceptibles d’attirer des auditeurs. Certains changent également de nom pour prendre celui de leur héros. Il est aussi des cas où des personnes reçoivent des surnoms qui expriment leur caractère. Tout le monde sait que beaucoup de missionnaires travaillant avec nos communautés reçurent des noms qui reflétaient les caractéristiques de leur travail et de leur mission. Les amoureux expriment leur amour et leur affection par des noms pleins de tendresse. Parfois des gens affublent de noms désobligeants d’autres groupes ethniques ou des personnes différentes, ce qui peut engendre des conséquences négatives. Beaucoup d’entre nous ont reçu des noms de saints lors de leur baptême. Mais combien d’entre nous connaissent-ils l’histoire des saints dont ils portent le nom, ou savent-ils ce que ce nom signifie pour nous ? Dans la Bible, les noms sont très importants ainsi qu’il ressort des lectures de ce jour. À n’en point douter, nommer est un acte très important.

Dans notre relation avec Dieu, nous utilisons souvent des « étiquettes » qui nous maintiennent à une place particulière et nous empêchent d’aller plus en profondeur dans notre relation avec lui. Par exemple, à cause de l’insistance du christianisme sur le « péché », le qualificatif « pécheur » est la première chose qui nous vient à l’esprit concernant notre relation à Dieu. Bien sûr, il ne s’agit pas de se débarrasser de ce terme qui dit un aspect de ce que nous sommes. Mais Dieu et Jésus nous ont aussi donné d’autres noms. Jésus nous a appelés amis, frères et sœurs, bien-aimés et rachetés. Dieu nous nomme ses « enfants bien-aimés », nous dit que nous sommes précieux, que nous avons de la valeur pour lui, et que nous sommes appelés à refléter son image. Nous portons donc ces noms et ces qualificatifs qui reflètent notre merveilleuse identité : enfants bien-aimés de Dieu destinés au salut, parce que notre Seigneur est Jésus, « le Seigneur sauve ». Ce sont des noms qui ont une étonnante puissance de transformation. Par contre, nombre d’entre nous ont pu permettre à ceux qui nous caricaturaient en raison de notre appartenance à un groupe racial ou ethnique particulier, ou encore à une certaine classe sociale ou à tel ou tel sexe, de nous affubler de noms péjoratifs. Et nous ne sommes pas les seuls à être concernés dans tout cela, les frères et les sœurs de notre paroisse ou de nos communautés le sont également. Imaginez combien l’atmosphère de notre Église locale, de notre famille et de notre communauté pourrait changer si nous commencions par utiliser les noms donnés par Dieu, pour qu’ils deviennent vraiment nôtres et nous aident à comprendre qui nous sommes en tant que personnes et en tant que groupes. Cela pourrait changer notre façon d’entrer en relation les uns avec les autres, de répondre et de collaborer avec autrui.

ProverbE

« Vous ne pouvez nommer le bien qui est en vous si vous êtes incapables de le voir chez les autres. »

AGIR

S’examiner :

Réfléchissez à vos noms et à la façon dont ils vous ont influencés. Comment reflètent-ils ce que vous êtes ?

 

Répondre à Dieu :

Offrez une prière d’action de grâces à Dieu qui vous a fait ce que vous êtes et, plus encore, a fait de vous son enfant bien-aimé destiné au salut.

 

Répondre à notre monde :

Si je devais choisir un nom qui reflète mon identité, quel serait-il ? Choisissez dans la liste donnée ci-dessus un nom qui dise votre relation à Dieu et mettez par écrit votre réponse à ces noms.

Quel nom reflète votre groupe d’appartenance ? Est-ce un nom dont vous pouvez être fier ?

PRIER

Merci, mon Seigneur, pour tous les noms qui sont miens dans la Bible. Oui, je suis un pécheur, mais je suis aussi ton enfant bien-aimé. Que je puisse en dire autant de tous ceux que je rencontre et que ce regard fasse de moi un artisan de ton amour où que je sois.

 

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