Noël


Noël

ANNÉE C

Première lecture : Isaïe 9, 1-6

Psaume : Psaume 95(96), 1-3. 11-13

Deuxième lecture : Tite 2, 11-14 

Évangile : Luc 2, 1-14

PRIER

Psaume 95(96), 1-3. 11-13

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice
et les peuples selon sa vérité !

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Isaïe 9, 1-6

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. » Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

DEUXIÈME LECTURE
Tite 2, 11-14

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

ÉVANGILE
Luc 2, 1-14

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

ENTENDRE LA PAROLE

LE THÈME : « La grâce de Dieu s’incarne »

Noël fait mémoire de la venue au monde de Jésus Christ dans un corps humain. Cela étant, à un niveau plus profond, cette fête de la Nativité célèbre les actes de puissance d’un Dieu miséricordieux et bon qui œuvre pour son peuple. La liturgie de la nuit de Noël révèle que la naissance de Jésus est en fait un geste inégalé de la grâce de Dieu qui se manifeste dans l’incarnation de son Fils.

La première lecture, extraite du livre d’Isaïe, contient l’annonce d’un avenir glorieux pour le peuple d’Israël. Dans son contexte historique, cette prophétie fait allusion à la destruction du royaume d’Israël par les Assyriens en 722 avant Jésus-Christ. Les images utilisées pour décrire cet événement sont terrifiantes : ténèbres, obscurité recouvrant tout le pays. Cela étant, les paroles d’Isaïe font état d’un profond changement, d’un passage des ténèbres à une grande lumière et du désespoir à une allégresse sans fin. Cette transformation est liée à la naissance d’un enfant. Dans la prophétie d’Isaïe, ce dernier n’est pas un bébé ordinaire. Il est le futur roi-sauveur présenté par une série de titres splendides qui expriment quelque chose de sa personne et de la nature de son règne futur. Il sera appelé « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ces qualificatifs pourraient très bien convenir à Dieu lui-même. Il apparaît donc que ce nouveau-né sera la manifestation fidèle de Dieu dont il partagera les qualités divines et au nom duquel il agira. En fait, cet enfant ne sera rien moins que Dieu intervenant dans l’histoire humaine.

Ce nouveau règne permettra au peuple de vivre en harmonie avec le Seigneur, avec les autres et avec la nature. Son avènement marquera la réalisation des espérances humaines : à savoir, une vie de bénédictions dans la sécurité, loin de la double malédiction de la guerre et de la mort. Les Israélites donneront à ce futur roi le titre de « Messie » ; quant aux auteurs du Nouveau Testament, ils l’identifieront à Jésus Christ. Nous reconnaissons en cette figure de la prophétie d’Isaïe, Dieu lui-même qui descend dans le monde à cause de son « amour jaloux » à l’égard de son peuple. En employant cette expression d’« amour jaloux », le prophète Isaïe souligne que Dieu a pour son peuple le désir ardent d’une vie à jamais paisible et heureuse. Pour accomplir ce désir, il agit par la médiation d’une personne humaine qui sera un reflet fidèle de lui-même. Une telle intervention au bénéfice du peuple peut être adéquatement décrite comme une effusion de la grâce divine sur un monde troublé. Une grâce qui se donne à travers un enfant.

La lettre à Tite fait partie des « épîtres pastorales ». Et en tant que telle, elle traite surtout de questions concrètes touchant la vie chrétienne, comme la morale et le bon ordre dans la communauté. Toutefois, dans le passage lu aujourd’hui, c’est aux fondements de cette vie chrétienne que Paul s’intéresse en évoquant les deux venues du Christ. Il commence par parler de « la grâce de Dieu » qui s’est manifestée pour apporter le salut à tous et à toutes. Ici, l’Apôtre se réfère clairement à l’entrée du Christ dans notre histoire et au don du salut qu’apporte sa venue. Dans les derniers mots de ce passage, Paul revient sur ce même thème en parlant du Christ qui « s’est donné pour nous, afin de nous racheter de toutes nos fautes ». Autant dire que la venue de Jésus Christ dans le monde et sa mort rédemptrice furent l’œuvre de la grâce divine. Sa deuxième venue est la Parousie attendue - à savoir son retour en majesté et en gloire à la fin des temps, qui apportera aux croyants et aux croyantes le don de la vie éternelle.

Il se trouve que les chrétiens/les chrétiennes vivent entre ces deux venues du Christ. Sa première venue, qui fut rédemptrice, est accomplie. La deuxième, qui sera salvifique, est en cours d’accomplissement. Certains théologiens décrivent ce mode d’existence comme une vie entre « le déjà-là et le pas encore ». Car si nous sommes déjà racheté/e/s, nous sommes encore en attente de la plénitude du salut. Nous sommes des croyants/des croyantes vivant de « la bienheureuse espérance ». Dans ce temps qui précède le retour du Seigneur, les chrétiens/les chrétiennes doivent bien sûr se conduire d’une manière qui correspond à leur appel. Renonçant à l’impiété et aux passions mondaines, ils/elles sont censé/e/s adopter un style de vie caractérisé par la maîtrise de soi et la droiture. Mais tout cela commence avec l’incarnation de Jésus, laquelle est la manifestation de la grâce de Dieu et le début d’une vie de « bienheureuse espérance ».

Le texte de l’Évangile de Luc intègre les deux thématiques présentes dans les deux lectures précédentes. Et cela, à l’occasion du récit qu’il fait de la naissance de Jésus. L’évangéliste commence par situer cette naissance dans le contexte historique de la Palestine occupée par l’Empire romain. César Auguste, l’empereur, avait ordonné un recensement universel. De tels recensements étaient effectués pour des raisons financières. Luc rapporte que ce recensement eut pour conséquence un déplacement massif de population, puisque les gens devaient se rendre dans leur ville d’origine. Ces circonstances sont similaires à celles décrites par Isaïe : le Messie allait naître à l’ombre d’un empire qui opprimait le peuple et lui perturbait la vie par sa violence et ses exigences écrasantes en matière d’impôts. Mais c’est précisément dans cet environnement hostile que Dieu intervient dans l’histoire. En décrétant le recensement, César Auguste oblige Marie et Joseph à se rendre à Bethléem. Ainsi Jésus va naître dans la ville où devait naître le Messie d’Israël. Ironie du sort, puisque l’empereur romain sert sans le savoir le plan divin !

Dans la logique de l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe, un ange apparaît à des bergers, porteur d’un message selon lequel le Messie est né. Tout comme dans la prophétie, le Messie est un enfant couché humblement dans une mangeoire. Une humble apparence et un statut social aussi bas a de quoi décevoir. Mais quand les créatures angéliques chantent les louanges de Dieu et proclament que sa paix est advenue sur la terre, ils laissent entendre que cet enfant, Jésus, est le « Prince-de-la-Paix ». C’est lui qui fera advenir le royaume de Dieu. Les anges affirment aussi que cette paix viendra reposer sur « les hommes qu’il (Dieu) aime ». Ici, nous avons un lien avec la deuxième lecture et avec la description que Paul fait de Jésus comme la manifestation de la grâce de Dieu. « Grâce de Dieu », notons-le, est un synonyme de « faveur/amour de Dieu ». Elle est accordée aux fidèles par la médiation de l’enfant qui vient de naître. L’avènement de Jésus en ce monde marque le début de la restauration de l’humanité. Une restauration qui est l’œuvre de la grâce divine travaillant à travers Jésus, le Messie.

La liturgie de la Nativité, tout en invitant les fidèles à se réjouir de la naissance d’un enfant, commémore l’œuvre suprême de la grâce de Dieu qui se répand sur le monde. Cette grâce a pour objectif la restauration, la rédemption et le salut ultime de l’humanité. Le prophète Isaïe considère la naissance d’un enfant royal comme un tournant décisif dans l’histoire de son peuple. Paul écrit au sujet de la venue du Christ envisagée comme la manifestation de la grâce de Dieu, qui ne cesse de transformer la vie et la destinée des croyants et des croyantes. Luc quant à lui montre que la naissance de Jésus marque le début de l’œuvre du Messie et du Sauveur qui est de transformer le monde et l’histoire humaine. À travers Jésus, la grâce divine s’est répandue sur le monde. En fait, Jésus est la grâce de Dieu qui s’est incarné. Sa venue apporte la paix à ceux et à celles qui le reçoivent, car il est vraiment la grâce divine rendue tangible dans une forme humaine. La réponse adéquate à la grâce de Dieu offerte en Jésus est de se joindre à la célébration joyeuse du psalmiste, qui dit : « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut… »

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

« Le plus beau jour de ma vie » : tel était dans notre enfance l’un des sujets les plus courants des rédactions que nous devions écrire, soit comme composition à l’école, soit comme devoir à la maison. Ce sujet présuppose l’existence dans nos vies, d’événements heureux et inoubliables. À l’âge de six ans, je me souviens avoir écrit comment j’étais allé chez un ami pour une fête et y avais mangé du riz et du poulet et bu une boisson douce. Au début des années 1980, manger du riz et du poulet, boire une boisson douce, était très significatif pour moi sachant qu’à cette époque, le Ghana se relevait progressivement d’une famine sévère. Dans ma rédaction, je fis donc mention de cet événement comme du plus beau jour de mon existence.

Devenu adulte, toutefois, j’ai réalisé que, dans la vie, il y avait plus « important » et plus propice au bonheur que de manger du riz et du poulet : je veux parler ici du don que Dieu a fait de Jésus Christ et qu’il offre à tous et à toutes. L’événement que nous célébrons à Noël est celui de de don inégalé de Dieu : sa grâce incarnée.

Un auteur inconnu utilise intelligemment le mot G.R.A.C.E (en anglais) comme un acronyme se déclinant ainsi : « God’s Riches At Christ’s Expense ». Ce qui en français peut se traduire : « Les richesses de Dieu aux frais du Christ. » L’incarnation de la grâce de Dieu signifie que, maintenant, en Christ, nous avons accès à toutes les bénédictions que le ciel tient en réserve pour nous. Ces bénédictions n’ont rien d’éphémère et ne s’usent pas sous l’effet du temps. Elles sont sans prix, nous avons reçu le don du salut. Oui, parce que c’est Noël, une vie nouvelle nous est donnée. La fête de la Nativité nous rappelle que Dieu ne nous a pas laissés tâtonner dans le noir. En Christ, nous avons trouvé la lumière qui nous fait sortir des ténèbres. Un tel événement ne peut que nous remplir de joie. Voilà qui fait écho à la prophétie d’Isaïe selon laquelle « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi… Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse ». La joie de la grâce de Dieu qui s’est incarnée est confirmée dans notre texte évangélique où l’ange dit aux bergers : « je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. »

Célébrer Noël, ce n’est pas vivre un rituel dénué de sens. Bien au contraire, nous faisons mémoire de la manifestation la plus profonde de l’amour du Seigneur pour nous. La grâce de Dieu s’est incarnée, autant dire qu’il est devenu si proche de chacun/de chacune d’entre nous que personne ne devrait nourrir un sentiment de désespoir. Le secours nous est offert à tous et à toutes si nous voulons bien l’accueillir. Un Africain, saint Augustin, dit très justement que « Dieu est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes ». C’est là l’essence de l’incarnation. Noël est donc un moment inoubliable dans l’histoire de l’humanité car la naissance du Christ en a changé le cours en bien. C’est ainsi que ce jour peut être qualifié de jour le plus heureux dans la vie et dans l’histoire de l’humanité.

ProverbE

« Dieu, plus intime à moi-même que moi-même »

(saint Augustin, Confession, Livre X).

AGIR

S’examiner :

Comment me suis-je préparé/e à la célébration de Noël ?

Ma préparation reflétait-elle la dimension spirituelle de cette fête ?

 

Répondre à Dieu :

La joie de la Nativité nous submerge. Alors le cœur plein de gratitude, tournons-nous vers Dieu pour le remercier de nous avoir apporté la lumière au sein de nos ténèbres individuelles et collectives.

 

Répondre à notre monde :

Je choisirai de m’adonner à une pratique spirituelle comme, par exemple une heure de prière ou de lecture des Écritures pour méditer et exprimer ma gratitude envers Dieu qui a envoyé son Fils pour être mon sauveur et le sauveur du monde.

Le meilleur moyen d’exprimer notre joie est de la partager. En tant que groupe, nous choisirons de nous engager dans des actions concrètes, spirituelles et charitables, pendant le Temps de Noël. Sachant que notre objectif sera d’allumer le feu de la joie dans le cœur des autres.

PrIer

Père éternel, la naissance du Christ, ton Fils, nous remplit d’une joie immense. Maintenant, en Lui, nous avons accès au salut. Puisse cet événement de la Nativité nous aider à approfondir notre amour envers toi et envers les autres. Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen.

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

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