Baptême du Seigneur


Baptême du Seigneur

ANNÉE C

Première lecture : Isaïe 40, 1–5. 9–11

Psaume : Psaume 103(104),1–4. 24–25. 27–30

Deuxième lecture : Tite 2, 11–14 ; 3,4–7

Évangile : Luc 3,15–16. 21–22

PRIER

Psaume 103(104),1–4. 24–25. 27–30

Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !
Comme une tenture, tu déploies les cieux,
tu élèves dans leurs eaux tes demeures.

Des nuées, tu te fais un char,
tu t’avances sur les ailes du vent ;
tu prends les vents pour messagers,
pour serviteurs, les flammes des éclairs.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela , ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Voici l’immensité de la mer,
son grouillement innombrable d’animaux grands et petits.

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Isaïe 40, 1–5. 9–11

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.

DEUXIÈME LECTURE
Tite 2, 11–14 ; 3,4–7

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.

ÉVANGILE
Luc 3,15–16. 21–22

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

ENTENDRE LA PAROLE

LE THÈME :« Par-delà la tristesse »

La saison de Noël se termine avec la célébration du baptême de Jésus. Cet événement marque le début du ministère terrestre de Jésus, qui s’achèvera par sa mort et sa résurrection. Les lectures de cette fête anticipent la signification de la vie de Jésus qui se présente comme un trajet de la tristesse à la joie et que Dieu rend possible grâce à ses merveilleuses œuvres accomplies par Jésus, son fils bien-aimé.

L’an 586 av. J.-C. a été tragique, avec la destruction du temple de Jérusalem et la déportation des Israélites à Babylone. Dans ce contexte, le peuple de Dieu installé en exil a lutté pour sa survie. Les données historiques et archéologiques de cette époque suggèrent que les exilés ont pu s’adapter au nouvel environnement en réussissant à établir un mode de vie stable dans des communautés sécurisées. Ce succès apparent n’altère pas le fait qu’ils vivaient dans un pays étranger et qu’ils sont restés sujets des lois oppressives babyloniennes. Leur ville bien-aimée en Judée était en ruine, et ils ont été dispersés avec peu d’espoir pour l’avenir. C’était un mode de vie stable, mais triste. Au milieu de cette tristesse, Isaïe entend et rapporte les paroles de Dieu, « consolez, consolez mon peuple ». Dieu ordonne le prophète à se lancer dans une mission d’apporter la joie et la consolation à la nation découragée et éparse. Son message était de les rassurer que les péchés qui ont causé la catastrophe de 586 av. J.-C. ont été oubliés, et que le temps pour la restauration est arrivé. La nature même est invitée à se joindre à cette mission de sortir les gens hors de leur tristesse et de leur découragement à l’instar de la vie sauvage qui se prépare à accueillir Dieu en rendant les chemins désertiques droites, en nivelant les montagnes et en remplissant les vallées.

Notre lecture omet une importante déclaration dans Isaïe 40,6-8, où le prophète entend une voix sceptique, « toute chair est comme l’herbe, toute sa grâce est comme la fleur des champs. » Apparemment, cette voix appartient aux exilés découragés, qui se souviennent de leur passé et doutent de leur capacité à ne pas répéter les erreurs du passé ; leur « persévérance » n’est pas fiable. En réponse, le prophète conclut son oracle avec l’assurance que Dieu ne permettra pas au peuple de s’égarer à nouveau. Il sera comme un berger attentionné, qui les rassemble et les transporte en son propre sein. Les israélites vivant comme des étrangers dispersés dans un pays étranger seront rassemblés et abrités dans les bras attentionnés de Dieu. En proclamant ce message, le prophète vise à ramener les exilés découragés de leur tristesse à la joie, pleins d’espoir et de confiance.

La lettre à Tite a été adressée au chef d’une jeune communauté chrétienne avec des instructions sur comment prendre soin du troupeau. La lecture fait le point sur les actes merveilleux de la grâce de Dieu qui ont apporté le Salut à toute l’humanité. Ce Salut commence déjà dans ce monde, mais son but ultime réside dans l’avenir, quand les fidèles atteindront la pleine union avec Dieu, lorsque Jésus Christ reviendra. L’auteur insiste sur le fait que les chrétiens n’avaient rien fait pour mériter ce don de Dieu. La lecture d’aujourd'hui omet un verset important, où l’auteur, sans aucune hésitation, décrit les chrétiens comme ayant été une fois «insensés, révoltés, égarés, esclaves de toutes sortes de convoitises et de plaisirs ; nous vivions dans la méchanceté et la jalousie, ils étaient odieux et remplis de haine les uns pour les autres.» (Tite 3,3). Cette image choquante décrit les chrétiens avant leur renaissance dans l’eau et leur renouvellement dans le Saint-Esprit. Avant que Dieu n’intervint, ils menaient une vie futile et méprisable et ne méritaient aucune faveur. Dieu gracieusement les a sauvés de cette existence triste en envoyant son fils comme Sauveur. L’auteur a pour but d’instruire Tite et les croyants qui faisant face à des nombreux défis internes et externes et à la tentation de revenir à cette existence triste d’avant la conversion, ils ne doivent jamais perdre de vue ce qu’ils ont offert à Jésus. Ils avaient été arrachés à leur tristesse par la grâce de Dieu, et ils ne doivent plus se permettre de retomber en elle. Leur sortie de la tristesse est l’espérance du salut futur qui est assuré s’ils restent fidèles à leur baptême et, inébranlable dans la vie de l’Esprit.

Le récit du baptême de Jésus commence avec Luc décrivant les gens réunis autour de Jean. Ils étaient en pleine attente fervente du Messie. Pour eux, le Messie devait être une grande personnalité investie par la puissance divine, qui redonnerait au Royaume d’Israël sa gloire d’antan. C’était ainsi que le peuple juif avait vécu sous la domination romaine, opprimé et accablé, complètement à la merci de ceux qui n’avaient aucun intérêt pour eux. Ils avaient mis leur espoir de restauration sur Jean, parce qu’il avait baptisé et prêché la repentance. Cependant, Jean n’était pas le Messie et son baptême d’eau était un rite que le peuple avait vécu comme un signe de repentance de leur vie ancienne, souvent pécheresse et de promptitude à accueillir le Messie de Dieu, Jésus, quand il viendra.

Jésus a vécu deux aspects du baptême. Tout d’abord, il a accepté le baptême de la repentance proposé par Jean, mais non pas parce qu’il était pécheur. Repentir signifie littéralement « réorienter de sa vie ». Cela pourrait impliquer le fait de se détourner du péché, mais pas nécessairement. Pour Jésus, le baptême de Jean était un signe de sa promptitude à commencer à réaliser sa mission en tant que Messie de Dieu et Sauveur. Jésus s’est « repentis » parce que, jusqu'à présent, il a vécu une vie tranquille d’un homme juif ordinaire à Nazareth. En acceptant le baptême de Jean, Jésus a donné un signe visible de sa décision de se détourner d’une vie calme et privée à la maison, et de commencer son ministère public comme Sauveur du monde.

Deuxièmement, le baptême de Jésus a été un baptême dans le Saint-Esprit. Uni à Dieu dans la prière, le Saint-Esprit descendit sur lui. Rempli de cet Esprit, Jésus commença sa mission comme Messie de Dieu et poursuivi son ministère fidèlement tout le long du chemin de la Croix. Puis, après sa résurrection et son ascension, Jésus envoya le même Esprit sur les disciples. À la Pentecôte, la prophétie de Jean s’était accomplie. Jésus est vraiment celui qui est venu baptiser ses disciples avec le Saint-Esprit. Pour Jésus, le baptême du Saint-Esprit est le point de départ de sa mission de Sauveur. Plus tard, le même baptême sera le début de la mission des disciples de porter le salut au monde entier.

Le passage de l’Évangile d’aujourd'hui commence par une image du peuple qui attend avec impatience l’intervention de Dieu pour le faire sortir de sa situation désespérée. Le baptême de Jésus par l’Esprit-Saint marque le début de ce processus, qui se terminera en fin de compte avec le salut de Dieu offert au monde entier. Le baptême de Jésus par l’Esprit-Saint est donc, en fin de compte la célébration du début de la consolation du monde par Dieu.

Les lectures de la fête d’aujourd'hui démontrent comment Dieu transforme la tristesse en joie. Isaïe réconforte son peuple opprimé en exil avec une assurance que Dieu ne l’a pas abandonné. L’auteur de la lettre à Tite rappelle à ses chrétiens comment Dieu les a sauvé de leurs passé honteux et leur a donné une nouvelle vie dans l’espoir d’un salut éternel. Baptisé dans l’Esprit, Jésus commence sa mission comme le Sauveur du monde. Cette mission donnera lieu à l’accomplissement de l’espoir des peuples pour leur libération et leur salut. Toutes les trois lectures soulignent que Dieu tourne constamment la tristesse en joie, conduisant les croyants à s’écrier avec le Psalmiste, « quelle profusion dans tes œuvres ! »

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

L’expérience de conclure des nombreuses célébrations joyeuses du temps de Noël et revenir à notre routine et à nos tâches quotidiennes peut en effet apporter un sentiment de tristesse et de découragement. Nous aimons tous célébrer entourés de famille et des amis et nous régaler des spécialités et denrées alimentaires spéciales. Mais ces expériences occasionnelles sont réservées à certains temps et à certaines saisons pour souligner l’importance de ce que nous célébrons. Cette fête nous fait prendre conscience que la majeure partie de notre vie se déroule de manière ordinaire, avec des expériences fréquentes et alternées de joie et de tristesse.

Isaïe s’est adressé à des personnes tristes à cause de la perte de ce qu’ils ont connu. Cette perte les a amené au bord du désespoir. Nous éprouvons souvent des pertes. Ces pertes pourraient être très ordinaires et non significatifs, tels que perdre de l’argent ou un téléphone. Mais ils peuvent aussi être très douloureuses et même mortelles, comme la perte d’un emploi, ou d’un être cher ou de la santé. Inévitablement, toutes les pertes apportent une tristesse d’intensité différente. Quand il s’agit d’une profonde tristesse, les paroles d’Isaïe, destinées à consoler son peuple en le rappelant que Dieu ne l’a jamais abandonné, deviennent extrêmement importantes. Peu importe ce qu’est notre perte, cette perte n’est pas remboursable d’une manière ou d’une autre. Notre vie peut être modifié par des pertes, mais ils ne nous feront jamais perdre ce que nous tenons être le plus précieux pour nous à savoir la présence de Dieu avec nous-mêmes lorsque nous perdons tout le reste.

Les souvenirs du passé peuvent également nous plonger dans la tristesse. Nous avons tous été blessés, nous avons tous blessé les autres, et nous avons tous fait des erreurs regrettables. Ces erreurs ont tendance à se produire en particulier chez les jeunes, quand nous avons essayé beaucoup de choses, et pris souvent des mauvais détours que nous regrettons par la suite. Comme les chrétiens de notre deuxième lecture, nous pouvons regarder certaines périodes de notre vie passée comme « méprisables ». Encore une fois, cela peut nous rendre tristes et douter de notre propre valeur. Les paroles de l’Écriture nous assurent que nos erreurs passées ne déterminent pas notre présent. Ils pourraient influer sur nous parce que nos actions passées ont toujours des conséquences. Mais le passé ne détermine pas complètement qui nous sommes maintenant. Dieu a étendu son offre de Salut au peuple indigne, et peu importe comment nous pourrions nous sentir indignes, la main de Dieu reste toujours tendue vers nous.

Le baptême de Jésus avait un caractère double. En acceptant le baptême de repentance de Jean, Jésus a révélé sa décision de commencer sa mission difficile du Salut, qui impliquerait la souffrance, le rejet et la mort. Lorsqu’il a reçu le baptême du Saint-Esprit de Dieu, il a reçu la puissance et l’orientation nécessaire pour accomplir cette mission fidèlement. Il a reçu ces deux baptêmes volontiers, parce qu’il savait que sa mission sur terre était d’amener les gens du désespoir et de l’obscurité à la lumière du Salut. Il a accompli cette mission avec succès. Comme ses disciples, nous sommes appelés à faire exactement la même chose c’est-à-dire trouver un chemin au-delà de notre propre tristesse afin que nous puissions rayonner de la lumière de l’espérance et apporter l’expérience du Salut aux autres.

ProverbE

« Le chagrin peut attrister ton visage, mais il aiguise ta compréhension. »

AGIR

S’examiner :

Où est-ce que je trouve la véritable joie dans ma vie, celle qui me permet de rester joyeux même en difficultés ? Quand ai-je eu l’expérience d’une profonde tristesse ? Quelle était sa cause, et qu’est ce qui m’a aidé de m’en sortir ?

 

Répondre à Dieu :

Chaque fois que la tristesse m’envahira, je me tournerai à Dieu dans une prière d’action de grâce, me rappelant les dons véritablement importants et durables de la foi, de l’amour et de l’espérance que Dieu continue à me donner à travers sa Parole et sa présence.

 

Répondre à notre monde :

Je contrôlerai soigneusement mes réactions aux sentiments de tristesse, recherchant le sens profond de ces expériences et la manière de les surmonter.

Comme groupe, regardons notre situation de vie et discutons comment nous pouvons agir selon la Parole de Dieu adressée à Isaïe, « Consolez, consolez mon peuple ». Comment pouvons-nous être des agents de consolation ?

PRIER

Cher Père céleste, tu as montré avec cohérence ton attention pour ton peuple tout au long de sa longue histoire. Nous te remercions de nous aider constamment à faire face à la tristesse qui nous afflige périodiquement. Je te prie de ne jamais perdre espoir ou la confiance et d’avoir une vision profonde sur la vie, qui me permettra d’affronter la tristesse et d’être un rayon de joie pour les personnes qui l’expérimentent. Amen.

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

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