Trente-et-unième Dimanche du Temps Ordinaire


Trente-et-unième Dimanche du Temps Ordinaire

ANNÉE B

Première lecture : Deutéronome 6, 2-6

Psaume : Psaume 17(18), 2-4. 47.51

Deuxième lecture : Hébreux 7, 23-28

Évangile : Marc 12, 28-34

PRIER

Psaume 17(18), 2-4. 47.51

Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu !
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire,
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie.

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Deutéronome 6, 2-6

Moïse disait au peuple : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses décrets et ses commandements, que je te prescris aujourd’hui, et tu auras longue vie. Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. »

DEUXIÈME LECTURE
Hébreux 7, 23-28

Frères, dans l’ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de rester en fonction. Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité , possède un sacerdoce qui ne passe pas. C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur. C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. La loi de Moïse établit comme grands prêtres des hommes remplis de faiblesse ; mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, conduit pour l’éternité à sa perfection.

ÉVANGILE
Marc 12, 28-34

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

ENTENDRE LA PAROLE

LE THÈME : « Ce qui est au cœur de la vie »

Qu’est-ce qui est central dans une vie humaine ? Cette question a occupé les philosophes, les théologiens et les penseurs depuis des temps immémoriaux. De nombreux systèmes religieux, philosophiques, sociaux et même politiques ont fourni une gamme de réponses variées. Les lectures de ce jour quant à elles, répondent à cette question d’un point de vue chrétien.

La première lecture contient le passage considéré par beaucoup comme le cœur de l’Ancien Testament ; un passage connu sous le nom de grand « Shema ». Ce mot hébreu est porteur d’une simple injonction : « Écoute ! » Mais en dépit de sa simplicité ce commandement, qui est répété dans ces versets, met en évidence deux éléments centraux de la foi et de la vie d’Israël.

Comme l’ensemble du livre du Deutéronome, notre passage contient les paroles que Moïse adresse aux Israélites juste avant qu’ils entrent en Terre promise et commencent une nouvelle vie en ce lieu. Moïse a conduit ce peuple à travers le désert et il sait combien il lui est difficile de garder constamment sa confiance et sa foi en Dieu. Soucieux de ce qui adviendra aux Israélites, il leur donne un ensemble d’instructions détaillées sur la façon dont il leur faudra se conduire pour que leur avenir soit assuré. Le « Shema » est le cœur même de ces diverses instructions.

Le premier « Shema » de notre texte est donc un commandement : il s’agit d’écouter et d’obéir avec grande diligence aux instructions transmises par Moïse, sachant que la survie et la prospérité du peuple dans son nouveau pays dépendront de son obéissance à la loi/ aux instructions de Dieu. Toutefois, fort de l’expérience acquise dans le passé, Moïse sait que les seules exhortations à l’obéissance ne suffisent pas. Il a déjà interpellé les Israélites sur ce point mais, la plupart du temps, sans grand succès. Voilà pourquoi Moïse fait entendre un second « Shema ».

La deuxième exhortation à « écouter » est très différente de la première. Moïse invite Israël à écouter cette affirmation de foi : « Le Seigneur notre Dieu est l’unique ». Le terme hébreu traduit par « le Seigneur » est le nom même du Dieu d’Israël révélé en Exode 3, 14 : « Je suis qui je suis ». En utilisant ce nom et en l’associant à cette double assertion, à savoir que le Dieu unique est le Dieu d’Israël, Moïse élabore une confession de foi forte et en appelle ainsi à une totale loyauté. Car dans leur nouveau pays, les Israélites seront encore affrontés à la tentation d’adorer et de suivre les dieux de leurs voisins. Le sachant, Moïse fait entendre un appel puissant pour qu’ils demeurent d’une fidélité inébranlable envers Dieu qui les a fait sortir d’Égypte. Il ne peut y avoir en effet d’autre dieu pour ce peuple que celui-là.

La deuxième partie de ce « Shema » contient un appel mémorable formulé en ces termes : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » L’amour implique un engagement qui va bien au-delà de l’accomplissement des rites et de l’observance des lois. « Aimer » signifie adhérer intérieurement et extérieurement à Dieu, ce qui requiert la totalité de la personne et de sa vie. Les Israélites comprenaient le « cœur » comme le centre de la pensée et de la volonté, et l’« âme » comme la source de l’existence même. Quant à la force, elle se confondait pour eux avec la puissance vitale. Ainsi, Moïse invite à un total investissement de la personne humaine dans sa quête d’une vie complètement centrée sur Dieu. Une telle existence conduit tout naturellement à obéir aux commandements divins. Avec son double appel à une loyauté extrême et à un amour ardent de Dieu, le « Shema » définit sans ambiguïté ce qui est central dans l’existence de la nation. Il identifie clairement ce qui fait le cœur de la vie d’Israël.

La deuxième lecture poursuit sur le thème du sacerdoce de Jésus, le grand prêtre de l’alliance nouvelle. Dans le passage lu aujourd’hui, l’auteur souligne sa permanence, sa sainteté et sa légitimité. À la différence des prêtres humains dont le service s’achève avec la mort, celui de Jésus dure à jamais car il est lui-même vivant à jamais. Par conséquent, il ne cesse de représenter devant Dieu son peuple fidèle, lui garantissant un accès permanent auprès du Père. Il est saint et innocent puisqu’il est indemne du péché. Contrairement aux autres prêtres, Jésus n’a donc pas besoin d’offrir des sacrifices pour son propre péché. Son sacrifice sur la Croix est un acte définitif, accompli une fois pour toutes, qui procure une réconciliation permanente entre Dieu et les pécheurs. La légitimité de son sacerdoce ne vient pas d’un quelconque motif institutionnel ou d’une nomination humaine. Elle découle du serment divin dont parle Hébreux 7, 20.

L’ensemble du passage a pour objectif de rappeler aux chrétiens et aux chrétiennes que Jésus, leur prêtre, leur garantit un accès permanent auprès de Dieu ainsi que la sainteté grâce au pardon des péchés. Par lui, ils/elles peuvent s’approcher du Père en toute assurance et parvenir à la vie éternelle. Ainsi, Jésus est-il le centre/le cœur de leur foi et de leur vie chrétienne.

Le scribe qui parle avec Jésus dans le récit évangélique était probablement un peu désorienté. C’était un spécialiste qui étudiait et enseignait la loi juive. La Loi, rappelons-le, contient 613 commandements. Les scribes se livraient à des discussions interminables, cherchant à établir les priorités et à classer cet ensemble selon un ordre d’importance. Il était donc assez facile, même pour un professionnel aguerri, d’être parfois en proie à la perplexité et au doute quant au choix du commandement le plus important. Le scribe ne cherche pas à mettre Jésus à l’épreuve, il est plutôt en quête de son avis sur ce point.

La réponse de Jésus, bien que remarquablement simple, est profonde. Fidèle à sa foi juive, il cite le « Shema » comme le commandement premier et central. Une totale loyauté et un amour sans partage envers Dieu constituent la priorité et le cœur de la Loi, ainsi que le centre et le but de l’existence humaine. Curieusement, le commandement mis en deuxième position par Jésus provient de Lévitique19,18. C’est une exhortation à aimer le prochain comme soi-même. L’affirmation de Jésus dépasse de loin le fait d’établir une hiérarchie parmi les prescriptions de la Loi. En citant ensemble ces deux commandements, il indique que la loyauté et l’amour envers Dieu doivent être accompagnés par l’amour de ses semblables en humanité. Cette association montre que, pour Jésus, la vie d’un véritable croyant/ d’une véritable croyante est entièrement régie par l’amour et que l’amour de Dieu doit s’étendre à l’amour des autres. Le scribe, suivant la logique de Jésus, associe les deux commandements dans une même affirmation, et il ajoute que la loyauté et l’amour à l’égard de Dieu et des « autres » valent mieux que tous les actes de culte tels les sacrifices et les holocaustes. Voyant que le scribe a correctement identifié les principes essentiels de la vie humaine, Jésus lui affirme qu’il n’est « pas loin du royaume de Dieu ». Il indique ainsi qu’en reconnaissant l’amour de Dieu et du prochain pour le cœur de la vie, le scribe est prêt à laisser Dieu régir son existence tout entière, comme le « Shema » le demande.

Même si décider des priorités peut s’avérer difficile, les lectures de ce dimanche les identifient sans hésiter. Moïse sait que la seule façon de garder son peuple fidèle et obéissant est de s’assurer de son engagement loyal, sincère et non superficiel envers Dieu. Un tel engagement et une telle loyauté ne peuvent être atteints que par une dévotion intérieure aimante impliquant la personne tout entière. Pour l’auteur de la lettre aux Hébreux, Jésus, le grand prêtre de la nouvelle alliance, ne cesse de représenter ses fidèles devant Dieu. Le mettre au centre de sa vie revient à être continuellement uni à Dieu. Suivant l’impulsion de Jésus, le scribe a pu identifier l’amour de Dieu et du prochain comme le commandement central de la Loi. Mettre ce commandement au « cœur de son existence » fait de chacun/ chacune un citoyen/une citoyenne du royaume de Dieu. Le croyant/la croyante qui connait ce commandement et en vit ne peut que s’associer aux paroles du psalmiste lorsqu’il dit : « Je t’aime, Seigneur, ma force… »

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

Il existe un dicton affirmant que Dieu nous a créé/e/s avec une bouche et deux oreilles pour que nous puissions écouter deux fois mais ne parler qu’en cas de nécessité. « Écouter » est davantage qu’entendre. De fait, entendre met seulement en jeu nos deux oreilles, tandis qu’écouter requiert tout à la fois nos oreilles et notre cœur. La liturgie de ce jour nous invite à être des gens qui ne se contentent pas d’entendre la parole de Dieu mais qui l’écoutent dans la profondeur de leur cœur. Car c’est ainsi qu’elle portera du fruit dans leur vie.

La première lecture nous entretient de l’impact des commandements divins sur notre existence. Nous sommes invité/e/s à écouter de telle sorte que le contenu des Dix Commandements fasse partie intégrante de nos vies. Écouter avec le cœur nous aide à vivre pleinement et inconditionnellement ces commandements. Lorsque nous écoutons avec le cœur, nous le mobilisons ainsi que notre âme et notre force. Alors la Parole de Dieu peut prendre racine en nous.

Les Israélites avaient des prêtres qui étaient des médiateurs entre Dieu et son peuple. En tant qu’êtres humains, ils étaient voués à mourir et à être remplacés par des successeurs qui poursuivaient leur ministère. Mais le Christ est devenu le grand prêtre parfait, lui le médiateur qui ne meurt pas. En se livrant pour nous par sa mort et sa résurrection, il nous a obtenu un nouveau statut d’enfants de Dieu. Jésus s’est donné lui-même au Père pour nous. Il est devenu le sacrifice offert pour notre rédemption.

La lecture tirée de l’Évangile atteste l’amour que Dieu nous porte, et elle nous révèle ce que ce dernier attend de nous en retour. Les Dix Commandements sont là pour nous guider et non pas pour nous inspirer la peur. Ils nous aident à comprendre combien il est bénéfique d’aimer Dieu et ses semblables. Les commandements ont été résumés en deux parties : amour pour Dieu et amour pour le prochain. Les trois premiers commandements concernent Dieu qu’il s’agit d’aimer de tout son cœur et de toute son âme. Quand nous l’aimons vraiment, nous n’avons pas besoin de nous créer de fausses images de lui, mais nous l’accueillons dans la foi avec tout notre être.

Voilà qui nous conduira également à observer ses commandements. Nous respecterons alors son nom, lui qui a créé toutes choses et a le pouvoir de faire toutes choses. Par amour, nous ne ferons pas un mauvais usage de ce nom en jurant ou en y recourant en vain.

L’amour que nous laissons croître après avoir écouté la Parole de Dieu, nous aidera à respecter le jour de repos qu’il nous a donné et à en tirer le meilleur profit possible pour être féconds/fécondes dans notre vie de foi. Le Jour du Seigneur est un jour de prière, de partage avec autrui et de repos, qui nous est offert pour que nous en ressortions ressourcé/e/s et revigoré/e/s.

Les sept autres commandements sont des extensions de notre amour pour Dieu. De fait, si nous disons que nous aimons Dieu et gardons sa Parole, nous serons en mesure de le voir dans nos proches. Nous nous sentirons concerné/e/s par leurs besoins et leur bien-être. Nous serons attentifs/attentives au monde qui nous entoure et capables de partager avec nos semblables.

Tous ces commandements sont faciles à observer lorsque nous écoutons la Parole. Celui/celle qui écoute et progresse dans la compréhension de Dieu, trouve normal de s’investir chaque jour pour lui et pour les autres. Notre vie ne peut avoir de sens que si nous vivons conformément aux préceptes divins. Et, en agissant ainsi, nous pouvons nous réjouir comme le Psalmiste qui a fait l’expérience de Dieu comme refuge et force. « Écouter » apporte la vie, car cet acte conduit à rencontrer plus profondément Dieu, source de toute vie.

ProverbE

« Une oreille qui écoute conduit à la vie, mais une oreille qui se ferme conduit à la mort »

(Proverbe africain).

AGIR

S’examiner :

Est-ce que je garde les Dix Commandements ? Lequel d’entre eux représente pour moi une difficulté particulière ? Combien de temps est-ce que je consacre à la méditation de la Parole de Dieu ?

 

Répondre à Dieu :

Cette semaine, ma prière tentera surtout d’exprimer mon amour pour Dieu et ma profonde reconnaissance envers lui qui s’est révélé à moi et a fait de moi un croyant/une croyante.

 

Répondre à notre monde :

Je consacrerai chaque jour quelques minutes à étudier la Parole de Dieu avec l’aide d’un commentaire ou de tout autre livre proposant des réflexions quotidiennes sur la Bible.

Au sein de notre groupe, nous organiserons une session de méditation guidée sur la Parole de Dieu en suivant la méthode de la Lectio Divina.

PRIER

Seigneur, tes paroles sont esprit et elles sont vie. Accorde-moi d’ouvrir l’oreille et donne-moi un cœur qui écoute pour que je puisse t’entendre à travers elles. Apprends-moi à faire en sorte que ta Parole soit active dans ma vie. Fais que je ne sois pas un auditeur passif/ une auditrice passive. Mais aide-moi à écouter et à mettre en œuvre cette Parole. Que je sois quelqu’un qui l’accueille dans tous les domaines de son existence. Nous te le demandons par Jésus Christ le Verbe de Dieu, notre grand prêtre parfait. Amen.

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

www.lectioyouth.net

www.facebook.com/lectioyouthnet

Écouter

Trente-et-unième Dimanche du Temps Ordinaire

Bulletin

Inscrivez-vous maintenant et obtenez des nouvelles.

Projet coordonné par

Contact

  • Catholic Biblical Federation General Secretariat 86941 St. Ottilien GERMANY
  • Phone:
    Phone:+49-(0)8193 716900

© 2016-2018 - LectioYouth.net - Tous les droits sont réservés - info@lectioyouth.net