Deuxième Dimanche de Carême


Deuxième Dimanche de Carême

ANNÉE C

Première Lecture : Genèse 15, 5–12. 17–18

Psaume : Psaume 26(27), 1, 7–9, 13–14

Deuxième Lecture : Philippiens 3,17– 4,1

Évangile : Luc 9,28–36

PRIER

Psaume 26 (27), 1, 7–9, 13–14

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Genèse 15, 5–12. 17–18

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d'Égypte jusqu'au Grand Fleuve, l'Euphrate. »

DEUXIÈME LECTURE
Philippiens 3,17–4,1

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

ÉVANGILE
Luc 9,28–36

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

ENTENDRE LA PAROLE

Le thème: « Combattre les incertitudes »

Les lectures du second dimanche de Carême racontent les événements et les situations où plusieurs personnages bibliques importants expérimentent un état d’incertitude et de confusion et sont sauvés par une intervention divine ou apostolique.

La première lecture s’appuie sur Gn 15, 1-4, qui indique comment Dieu est apparu à Abram, avec la promesse de faire de lui une grande nation. Abram, dont le nom sera changé en Abraham (Gn. 17, 5), a répondu à cette promesse avec une plainte amère que Dieu ne lui a donné aucun enfant jusqu'à cette date, malgré une promesse antérieure (cf. Gn 12, 1-5). Dieu a répondu en montrant à Abraham la multitude d’étoiles et en réitérant la promesse d’une très nombreuse descendance. Avec confiance, Abram a répondu avec une foi qui lui vaut une renommée droiture. Dans la tradition biblique, la droiture signifie être dans une bonne relation avec une autre personne. Ainsi, cette déclaration importante signifie que la bonne relation avec Dieu est construite sur la confiance et la foi.

Dieu fit alors une autre grande promesse affirmant qu’à Abram sera donné le pays de Canaan. Cette promesse était encore plus difficile à croire. Après tout, Abram n’était qu’un nomade, un voyageur avec une petite famille. Comment pourrait-il espérer encore avoir pour lui-même ce territoire vaste, riche et déjà habité d’autres personnes ? Par conséquent, Abram était plongé dans le doute et l’incertitude, demandant à Dieu un signe en disant : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? ».

Dieu donnera ce signe à travers une alliance. C’était des pactes formels et contraignants faits par des cérémonies solennelles et souvent complexes. Ils cimentaient les relations et définissaient les devoirs réciproques et les obligations de ceux qui les contractaient. La cérémonie de l’Alliance décrite ici est très symbolique. En hébreu, la phrase « faire alliance » signifie littéralement « couper l’alliance ». Ainsi, Abram était chargé de couper les animaux du sacrifice en moitiés et de placer les pièces « les unes en face des autres ». Abram est ensuite tombé dans un sommeil profond où il a eu une vision de Dieu passant comme une flamme de feu entre les parties d’animaux. Cela fait partie de la cérémonie de l’alliance qui signifie que celui qui violerait les termes du pacte en ne s’acquittant pas de ses obligations serait réduit en morceaux, tout comme les animaux sacrifiés (cf. Jr 34, 18). Expressément, c’est Dieu seul qui est passé entre les morceaux, Abram ne l’a pas fait. Cela signifie que Dieu lui-même s’est lié à Abram inconditionnellement, lui assurant que la promesse de la terre sera certainement accomplie. Grâce à cette cérémonie solennelle et d’immense importance, Dieu a enlevé tout doute et toute incertitude au père de la future nation israélite.

Une des principales raisons de Paul pour écrire à l’Église de Philippes était de lutter contre les faux docteurs, qui ont été la source de confusion et qui ont induit ses convertis en erreur. Il s’agissait de certains chrétiens qui insistaient que la pratique continue des lois et des coutumes juives était une condition nécessaire pour être juste devant Dieu, et, par conséquent, nécessaire au salut. Cet enseignement était susceptible de créer le chaos et la confusion parmi les Philippiens qui venaient juste de devenir chrétiens et ne savaient pas les prérequis de cette nouvelle religion.

Paul était absolument furieux avec ces enseignants. Il les appelait des « chiens » et « mauvais ouvriers » qui « mutilent la chair » (Ph. 3,2). Il les décrit de la manière la plus dure. Affirmant que « leur dieu, c’est leur ventre», Paul visait leur préoccupation avec les lois de l’alimentation et des restrictions alimentaires requises par la loi juive. En écrivant qu’ « ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte », Paul fait référence à la circoncision exigée par les juifs mais considérée comme honteuse par les non-juifs dans le monde gréco-romain. Enfin, Paul a déclaré qu’ « ils ne pensent qu’aux choses de la terre», ce qui signifie qu’ils se concentrent sur la vie et les pratiques pertinentes pour ce monde uniquement.

Réagissant contre ces enseignants, Paul a écrit aux Philippiens avec des précisions et des explications, indiquant clairement que l’exigence de continuer la pratique de la loi judaïque était contraire à l’Évangile. Le noyau de la foi chrétienne est la croyance que la justification vient de la foi en Jésus seul, et que le salut a été rendu possible par la mort de Jésus sur la croix. Le fait d’insister que le respect de la loi était nécessaire, revient à affirmer que la mort de Jésus était insuffisante pour le salut. Cela fait de ces enseignants « ennemis de la Croix du Christ ». Paul insiste sur le fait que ses convertis l’imitent, lui qui était un praticien zélé de la loi, il a renoncé à cela quand il est devenu un croyant. L’enseignement de ces opposants était nuisible car il empêchait les Philippiens à mettre l’accent sur Jésus seul en imposant des exigences supplémentaires et inutiles sur eux. Au lieu de se concentrer sur les choses terrestres, exigées par la loi, les Philippiens doivent se concentrer sur la vie éternelle. En écrivant cela avec conviction et beaucoup de clarté, l’apôtre vise à supprimer l’incertitude et la confusion au sujet de la vraie foi et la pratique chrétienne semée par les faux docteurs dans les cœurs des Philippiens et de les mettre sur un chemin droit vers leur véritable maison.

Le récit de la Transfiguration, décrit parmi tant d’autres éléments importants, les réactions des trois plus proches disciples de Jésus. L’apparition de Moïse et d’Élie et le changement d’apparence de Jésus, les a plongés dans la confusion, telle que révélée par la proposition de Pierre de construire trois tentes. Tout d’abord, la suggestion de Pierre pour faire une tente pour chacun des trois, implique qu’il a placé Jésus sur le même pied d’égalité que Moïse et Élie. En second lieu, voyant Jésus dans le corps glorifié, il l’a appelé « maître », ce qui implique qu’il voit en Jésus un homme important, mais ordinaire. Enfin, construire des tentes signifie que Pierre considère cette montagne comme une résidence permanente de Jésus.

Pierre et ses compagnons étaient confus et imprécis sur le sens de ce qu’ils ont vu. Surtout, ils étaient incapables de comprendre qui était Jésus. Dieu a résolu leur confusion en faisant une déclaration puissante et publique. Tout d’abord, Dieu a déclaré Jésus comme étant son Fils, quelqu'un d’infiniment plus grand que Moïse et Élie. Ensuite, Dieu a déclaré que Jésus était « celui qu’il a choisi», ce qui signifie que Jésus était le Messie, choisi et envoyé par Dieu dans le monde pour une mission spéciale. Enfin, Dieu commanda aux disciples d’écouter Jésus. Cette déclaration, faite en présence de deux porte-paroles de Dieu, Moïse et Élie – signifie que Jésus prend désormais le rôle d’un nouveau médiateur de la volonté de Dieu au peuple. La Parole de Dieu et son commandement ont dissipé les incertitudes des disciples et effacé leur confusion quant à la signification de la Transfiguration et l’identité de Jésus.

Les lectures d’aujourd'hui confirment que la confusion et l’incertitude peuvent parfois s’abattre sur les serviteurs de Dieu. Abram, même si il avait une foi profonde et la confiance en Dieu, n’était pas exempt de l’incertitude et du doute. Les chrétiens de Philippes n’étant pas sûrs de savoir comment pratiquer leur nouvelle foi, ont été facilement trompés par les faux enseignants. Pierre, Jacques et Jean ont eu du mal à comprendre Jésus, même s’ils étaient restés avec lui pendant une longue période. Dans chacune de ces situations, la confusion et l’incertitude ont été dissipées. A Abraham, un signe de l’Alliance a été donné, Paul a écrit aux Philippiens avec précisions, et les disciples ont entendu la voix de Dieu avec une déclaration claire de l’identité de Jésus. Ces exemples montrent que Dieu n’abandonne pas ses serviteurs dans le doute et la confusion. Le Psalmiste a connu des sentiments d’incertitude, mais aussi la façon de s’en sortir quand il écrit : « Écoute, Seigneur, je t'appelle !Pitié ! Réponds-moi !»

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

La foi n’éteint pas la flamme du raisonnement. Si c’était le cas, nous devrions mourir de froid, car il revient à la raison humaine de savoir quand est-ce qu’il faut mettre des vêtements lourds. Tant que nous vivons dans notre corps avec l’esprit alerte, nous aurons toujours des questions et des doutes. Les doutes surgissent souvent même dans le cœur des gens à une foi profonde. Cependant, le doute de la foi est censé nous mener vers une compréhension plus profonde de la foi et non à sa perte.

Abram était un homme de foi, mais il avait des questions. L’Église de Philippes avait la foi mais elle avait encore des questions qui devraient être résolues. Pierre, Jean et Jacques avaient foi en Jésus et pourtant ils étaient terrifiés sur le Mont de la transfiguration, incapables d’interpréter complètement ce qu’ils virent là-bas.

Une jeune femme qui avait passé toute sa vie à servir Dieu à bien des égards a été impliquée dans un accident qui a conduit à une multiple fracture. Comme je me tenais debout à côté d’elle à l’unité d’urgence de l’hôpital et elle s’est engagée dans un combat avec l’incertitude, elle poussa un cri strident : « Oh mon Dieu. Pourquoi ? Pourquoi ceci m’arrive ? » Cependant, au milieu de toutes ces incertitudes, qui cherchaient à étouffer sa foi, elle s’est accrochée à la Parole de Dieu et a gardé sa foi. Après des mois de récupération, elle a survécu et est venue pour rendre grâce à Dieu pour l’avoir sauvée. Sa foi l’a emporté sur l’incertitude.

En effet, il y a des myriades d’épreuves auxquelles nous sommes confrontés dans notre cheminement de foi. Toutefois, ces difficultés ne sont pas à considérer comme des obstacles. Sans eux, le cheminement serait ennuyeux et monotone. Sans difficultés, il n’y aurait aucun témoignage.

Lorsque Abraham fit face à l’incertitude, Dieu a parlé. Quand l’Église de Philippes avait demandé des précisions sur certaines questions, Paul est devenu le porte-parole de Dieu et leur a écrit une lettre. Quand Pierre, Jean et Jacques étaient fascinés mais en même temps terrifiés par les événements sur le Mont de la transfiguration, une voix leur a parlé dans les nuages : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »

La plus grande arme dans la lutte contre l’incertitude est la soumission à la Parole de Dieu. Elle peut être comparée à une personne qui effectue un voyage sur une route inconnue, à l’aide d’un GPS. Une voix inconnue lui parle à travers le gadget dans les moments de prise de décision sur le voyage, elle lui suggère une direction à prendre. En fin de compte, la soumission à cette voix conduit la personne à sa destination. Par rapport à Dieu, nous pouvons être confiants que le Seigneur a la carte complète de nos vies dans ses mains. Il connaît le début et la fin de la vie.

Si la certitude ne peut être atteinte que par la vue, les aveugles ne seraient jamais certains de quoi que ce soit. Passer par un tunnel obscur peut être effrayant, mais la lumière de la foi dans le cœur donne espoir et certitude.

Chercher à vivre sa foi comme si tout va bien, quand en réalité, tout n’est pas bien, c’est feindre.Dans une vraie rencontre avec le divin, la foi s’obtient, mais elle ne remplace pas l’activité de l’esprit humain. Quand tout n’est pas bien dans la vie, et on a du mal à saisir le sens du déroulement des événements de notre vie, c’est bon de dire à Dieu, « Seigneur, je suis perdu. Je n’en peux plus. » Cela ne signifie pas que nous avons perdu la foi, mais c’est plutôt une expression de notre désir de voir notre foi s’approfondir. En fin de compte, quand la foi fleurit et brille, l’obscurité cède la place à la lumière.

ProverbE

Si la certitude ne peut être atteinte que par la vue, les aveugles ne seraient jamais certains de quoi que ce soit. »

AGIR

S’examiner :

À quoi ou à qui puis-je m’adresser lorsque je suis confronté aux doutes et aux défis ?

À quand remonte la dernière fois que j’ai douté profondément de l’attention de Dieu pour moi ? Quelle en était la cause ?

 

Répondre à Dieu :

Je me tourne vers Dieu dans une prière de supplication pour l’approfondissement de ma foi et ma confiance, en particulier dans le temps d’épreuves et des doutes.

 

Répondre à notre monde :

Je vais penser à une personne qui éprouve des difficultés avec sa foi et je chercherai à l’aider en l’encourageant à lire et à prier avec la Parole de Dieu.

Lors de notre réunion, nous partagerons nos doutes individuels et les incertitudes dans notre vie de foi. Comment nous entraider pour nous en sortir ?

PRIER

Père éternel, en toi je vis, je me déplace et j’ai mon être. Que l’abondance de ta présence dans ma vie soit une source de clarté et de force dans mes combats contre l’incertitude et le doute. Accorde-moi cela par le Christ notre Seigneur.

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

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