Premier dimanche de Carême


Premier dimanche de Carême

ANNÉE C

Première Lecture : Deutéronome 26,4–10

Psaume : Psaume 90(91),1–2, 10–15

Deuxième Lecture : Romains 10,8–13

Évangile : Luc 4,1–13

PRIER

Psaume 90(91),1–2, 10–15

Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins.

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres ;
tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
tu écraseras le lion et le Dragon.

« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve. »

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Deutéronome 26,4–10

Moïse disait au peuple : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l’autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C’est là qu’il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »

DEUXIÈME LECTURE
Romains 10,8–13

Frères, que dit l’Écriture ? Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c’est le message de la foi que nous proclamons. En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

ÉVANGILE
Luc 4,1–13

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain . » Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. » Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

ENTENDRE LA PAROLE

Le thème : “Professer la foi”

La saison du carême commence ce dimanche. C’est un moment d’intense préparation pour la célébration et la commémoration des événements sur lesquels repose la foi chrétienne. Comme il se doit, les lectures d’aujourd'hui mettent en évidence le sens de la foi et la manière de la professer.

La première lecture d’aujourd'hui contient les instructions pour la célébration de la fête des prémices, qui commémore le don de Dieu de la terre et de la loi, donnée au cours de l’Alliance du Sinaï. Le rituel de cette fête israélite impliquait l’apport d’un panier des premiers fruits de la récolte du blé au Temple. Le prêtre prenait le panier offert et le plaçait devant l’autel, tandis que celui qui l’a offert récitait une formule solennelle présentée dans la lecture d’aujourd'hui.

Appelée par certains « le Credo d’Israël », cette formule est associée aux trois actes de Dieu impliqués dans la création de la nation Israélite. Tout d’abord, Dieu a choisi « un araméen errant » qui allait devenir le fondement de la nation. On reconnaît que les ancêtres d’Israël, les patriarches, étaient des bergers nomades d’origine araméenne. Le dernier d'entre eux, Jacob, également appelé « Israël », s’est installé en Égypte, où sa famille était devenue nombreuse. Deuxièmement, la formule a décrit l’exode. Les Israélites, menacés de destruction par les oppresseurs égyptiens, ont été sauvés par Dieu qui les a miraculeusement libérés de la maison de l’esclavage. Enfin, Dieu les a conduits à travers le désert et les a établi sur une terre fertile et d’abondance qu’ils possèdent maintenant, et qui assure leur subsistance.

En faisant cette « profession de foi » tout en offrant les premiers fruits de la récolte, l’Israélite reconnaissait que son existence toute entière était fondée sur une série d’actes gratuits de Dieu, qui ont transformé les bergers errant en une nation puissante et bien établie. Ainsi, la foi d’Israël reposait entièrement sur l’expérience d’élection de Dieu, du salut et de la subsistance. Quand ils apportaient les premiers fruits de leurs champs don-de-Dieu au Temple le jour de la fête des prémices, les Israélites reconnaissaient publiquement la grâce de Dieu et ses dons en paroles et en actes.

La deuxième lecture présente l’enseignement de Paul sur la façon dont on obtient le salut. Il affirme que le salut dépend de deux lois distinctes – confesser Jésus comme Seigneur et croire en sa résurrection. La confession de Jésus comme Seigneur doit être faite « avec les lèvres », elle implique une reconnaissance publique et ouverte que Jésus est le Seigneur.

Faire une telle déclaration en publique portait des conséquences très importantes et potentiellement dangereuses pour celui qui le faisait. Aux yeux des infidèles, Jésus n’était rien d’autre qu’un criminel crucifié et un homme mort depuis longtemps. L’appeler « Seigneur », était choquant et scandaleux aussi bien pour les Juifs que pour les gentils. Aux yeux des Juifs qui ne reconnaissaient que l’existence d’un seul vrai Dieu, cela voudrait dire qu'un homme mort était déclaré être une autre personne divine. Pour les païens qui ont accepté l’autorité suprême et la divinité de l’empereur romain, cela voudrait dire que cet homme mort rivalise avec l’empereur comme maître du monde. Ainsi, une revendication publique que « Jésus est Seigneur » nécessitait un courage formidable et une ferme conviction du croyant.

Croire en la résurrection de Jésus doit se faire « dans le cœur ». L’ancien peuple comprenait le cœur comme l’emplacement de la pensée humaine et de son pouvoir de décision, pas l’emplacement des sentiments et des émotions. En outre, « croire » dans le langage biblique signifie la prise de décisions et des mesures concrètes, faire confiance et compter sur quelqu'un ou quelque chose en qui l'on croit. Paul veut dire ici qu’un vrai croyant choisit un mode de vie basé sur le choix de la résurrection de Jésus comme son fondement. Croire dans le cœur à la résurrection de Jésus signifie vivre sa vie influencée spécifiquement par la perspective de la résurrection et de la vie après la mort. Ainsi, pour Paul, la profession de foi consiste en une reconnaissance publique de la divinité de Jésus, accompagnée d’un mode de vie défini et façonné par la confiance sincère en sa résurrection. Professer que Jésus est Seigneur signifie vivre pour Jésus en tant que Seigneur ressuscité. Un tel aveu apporte la droiture et mène au salut éternel.

Avant le début de son ministère public, Jésus devait faire sa propre « profession de foi », rapportée par le récit de ses tentations ou épreuves. Cette triple épreuve de Jésus s’est déroulée dans le désert où il affronta le diable – opposant de Dieu - dont le but est de perturber et de détruire les plans et les objectifs de Dieu. Le diable tentera d’arrêter Jésus d’accomplir l’œuvre de Dieu dans le monde.

Tout d’abord, le tentateur défie Jésus de transformer les pierres en pains pour satisfaire sa faim corporelle. Faire cela, voudrait dire que Jésus utilise ses pouvoirs miraculeux, don-de-Dieu, pour satisfaire ses propres besoins. Jésus refuse, en citant les Écritures pour justifier sa décision. De cette manière, Jésus a fait une déclaration claire et puissante qu’il utilisera les pouvoirs qui lui ont été donnés selon la volonté de Dieu et uniquement pour les desseins de Dieu.

Lors de la deuxième épreuve, le diable propose de faire de Jésus un souverain du monde en échange d’un acte d’adoration et de soumission à lui-même. Ici, Jésus doit choisir son maître – va-t-il servir Satan ou Dieu ? Citant l’Écriture encore une fois, Jésus déclare sans équivoque son choix pour Dieu, malgré l’offre alléchant de Satan.

L’épreuve finale a lieu au sommet du Temple de Jérusalem, c’est-à-dire en présence même de Dieu. Le diable, citant maintenant l’Écriture lui-même, dit à Jésus de se jeter à terre, ainsi défie-t-il la confiance de Jésus en Dieu. Étant donné que les Écritures Saintes déclarent que Dieu va protéger sûrement son serviteur, le diable demande à Jésus de tester Dieu et de voir si Dieu est fidèle à sa propre Parole. Le tentateur tente de semer un grain de doute dans l’esprit de Jésus quant à savoir si Dieu est digne de confiance, et si Jésus peut faire confiance en Dieu sans lui demander un signe. La réponse de Jésus, fondée sur l’Écriture, révèle sa confiance absolue et sa confiance dans la protection sûre de Dieu, sans besoin d’aucun signe pour le confirmer. Armé d’une telle confiance, Jésus sera en mesure d’affronter la mort, sachant que Dieu le protégera en fin de compte de ses effets. Par le biais de ces trois épreuves, le diable a tenté d’empêcher Jésus de réaliser l’œuvre de Dieu. S’appuyant sur les conseils des Écritures, Jésus a vaincu ces épreuves, confirmant sa « foi en Dieu », c’est-à-dire sa confiance, son engagement et sa détermination inébranlable à accomplir la volonté de Dieu et servir les desseins de Dieu et de Dieu seul.

Le thème de la profession de foi relie les trois lectures d’aujourd'hui. Lors de la fête des prémisses, les Israélites professaient leur foi en offrant les premiers fruits et en récitant l’histoire des actes miséricordieux de Dieu qui les a constitués en une nation. Paul définit la profession de foi comme une déclaration publique de Jésus comme Seigneur accompagnée d’un mode de vie basé sur une sincère confiance en la résurrection de Jésus et, par conséquent, dans la résurrection de tous ses fidèles. Cette confiance permet aux disciples d’affronter les dangers qui viendraient inévitablement après qu’ils aient rendu publique leur foi en Jésus comme Seigneur. Jésus fait son engagement de foi par la résistance aux tentations du diable et sa décision de servir Dieu seul et de lui faire confiance sans réserve. Ces exemples configurent le modèle de profession de foi pour tous les croyants, qui, avec le Psalmiste, peuvent affirmer avec certitude que le Seigneur est « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

Le jour du mariage, l’époux et l’épouse se tiennent par la main et se regardent dans les yeux. L’un après l’autre, ils prononcent la promesse sacrée : « Je te prends comme époux/épouse, et promet de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie. Je t’aimerai et t’honorerai tous les jours de ma vie ». Bien qu’ils ne soient pas conscients de ce qui les attend dans l’avenir, leur foi réciproque les pousse à faire cette déclaration. C’est une promesse publique d’engagement inébranlable et de fidélité jusqu'à ce que la mort les sépare.

La fidélité est sacrée non seulement dans le saint sacrement du mariage, mais plus important encore dans toute relation avec Dieu. La première lecture, qui est située dans le cadre de la fête juive de prémices est une célébration de la fidélité de Dieu et en même temps une déclaration publique de la foi dans le Seigneur. Jésus illustre la foi. Il y avait suffisamment de raisons humaines pour lui de céder à la tentation du diable dans le désert mais il a résisté parce que sa première priorité était la fidélité à la Parole de Dieu.

Comme Jésus, il y a des moments où nous expérimentons le désert. C’est une période où nous vivons le vide et la sécheresse dans la prière et dans nos relations. À un moment où on est fauché et on n’a pas d’argent disponible, alors une affaire de corruption vient frapper à la porte. Dans une période de grand défi dans le mariage, la tentation se glisse et pousse du doigt une personne à rechercher ailleurs le plaisir interdit. Face à la calamité ou grande perte, les doutes sur l’existence de Dieu nous envahissent et la volonté de prier s’évapore. En effet, la profondeur de la foi est mieux jaugée dans des situations similaires au désert.

Certains préfèrent célébrer leur foi en privé mais pas en public à cause du prix qui en découle. Toutefois, une telle séparation dans l’expression de la foi trahit son manque de foi. Il y a un proverbe qui dit : « la pluie peut tremper sur la peau du léopard, mais elle n’efface pas ses taches. » Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau temps, une foi authentique se manifeste dans toutes les situations.

Comme une oasis dans le désert, la Parole de Dieu nous rafraîchit quand les choses deviennent rugueuses. Ceux qui boivent au fond du puits de la Parole trouvent assez de force pour voyager sans assoupissement.

En ce temps de Carême, nous sommes aussi invités à entrer dans le désert et faire face à ses défis. C’est un voyage de renouveau spirituel. Cependant, c’est précisément pendant ce voyage que l'on trouve des obstacles et des tentations énormes. C’est compréhensible, Satan déteste voir les enfants de Dieu, faire des progrès spirituels. Comme Jésus, nous devons nous armer d’une foi profonde en la Parole de Dieu, si nous voulons surmonter les ruses du malin. Aucun d'entre nous ne devrait tomber et écraser sa foi quand nous sommes tentés, mais si une telle chute arrivait, le Seigneur nous donne la grâce de la restauration dans le sacrement de la réconciliation.

ProverbE

« La pluie peut tremper sur la peau de léopard, mais elle n’efface pas ses taches. »

AGIR

S’examiner :

Qu’est ce qui nourrit ma foi et soutient mon engagement à Dieu?

Suis-je en train de prendre au sérieux les exercices spirituels de la prière, du jeûne et de l’aumône au cours de cette saison du Carême?

 

Répondre à Dieu :

Je me rappelle les moments où j’ai perdu la foi en Dieu et j’ai succombé aux tentations. Je choisi de recevoir le sacrement de la réconciliation comme un premier pas vers le renouveau de la foi.

 

Répondre à notre monde :

Dans un monde sécularisé, où les gens aiment parler de tout sauf de leur foi, je choisi délibérément d’introduire des questions de foi dans mes conversation avec les amis et connaissances.

Auxquels défis et tentations sommes-nous confrontés en tant que groupe ? Guidés par la Parole de Dieu, nous discutons des moyens de les surmonter.

PRIER

Père éternel, comme j’ai mis ma foi en ta Parole, aide-moi à y demeurer. Empêches-moi de tomber et de briser le pacte que tu as fait avec moi. Fais que la fidélité soit mon mot d’ordre dans les bons et les mauvais moments. Pour l’amour du Christ, je prie. Amen

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

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