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DIX-NEUVIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

2020-08-09

DIX-NEUVIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


DIX-NEUVIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE A

Première lecture : 1 Rois 19,9. 11-13

Psaume : Psaume 84(85), 9-14

Deuxième lecture : Romains 9, 1-5

Évangile : Matthieu 14, 22-33

PRIER

Psaume 84(85), 9-14

J’écoute : Que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
1 Rois 19, 9.11-13

En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. »
À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.
Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

DEUXIÈME LECTURE
Romains 9, 1-5

Frères, c’est la vérité que je dis dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint : j’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante.
Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ : ils sont en effet Israélites, ils ont l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen.

ÉVANGILE
Matthieu 14, 22-33

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu !

ENTENDRE LA PAROLE

LE THÈME : « La fragilité »

Dans la liturgie de ce dimanche, nous sommes mis en présence de trois grandes figures bibliques en situation de fragilité et de vulnérabilité extrêmes ; ce qui pourrait, potentiellement, les empêcher de mener à bien leurs missions respectives. Nous rencontrons d’abord le prophète Élie qui vient de démontrer que le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu, en faisant tomber le feu du ciel sur les prophètes de Baal, ce faux dieu adoré par le roi Achaz et sa femme Jézabel. Pour se venger, cette dernière décide de tuer Élie. Le prophète s’enfuit alors vers le Mont Sinaï (appelé « Horeb » en 1 Rois). Arrivé là, et dans un état de lassitude et de confusion, il se plaint à Dieu exprimant son découragement et sa résignation : « Je suis rempli d'un zèle jaloux pour le Seigneur Sabaot, parce que les Israélites ont abandonné ton alliance, qu'ils ont abattu tes autels et tué tes prophètes par l'épée. Je suis resté moi seul et ils cherchent à m'enlever la vie » (1R 19, 10). Dieu lui répond et en vient à parler avec lui d’une façon toute particulière. De fait, on croyait que les faux dieux adorés par la majorité des non-Israélites de l’époque, étaient des puissances qui se manifestaient dans les phénomènes naturels comme les orages, les tornades, le feu, les tremblements de terre. Or c’est par un doux murmure et du milieu d’une brise légère que la voix de Dieu parvint au prophète. Dans ce récit, nous pouvons remarquer un énorme contraste entre les puissances de la nature, qui sont violentes et destructrices, et le doux murmure d’une brise matinale.

Cette histoire nous enseigne deux choses importantes. D’abord, elle nous rappelle que le Dieu d’Israël est différent des faux dieux de la nature. Le vrai Dieu n’a pas besoin de manifestations de puissance écrasantes pour accomplir ses desseins. Son doux murmure est infiniment plus efficace que le roulement de tonnerre d’une idole. Ensuite, elle nous montre qu’Élie est très fragilisé quand il reçoit cette révélation. Il se sent menacé et doute de lui-même et de sa mission. Et c’est dans ces circonstances-là que Dieu lui apparaît avec délicatesse et douceur. Cette douceur n’a rien à voir avec l’impuissance et l’inaction. Au contraire, comme nous le verrons dans les versets suivants, Élie reçoit des instructions très précises en vue de combattre ses ennemis (1R19, 15-18). Toutefois, Dieu vient à la rencontre du prophète avec la douceur qui convient à l’état de ce dernier. Cette scène, nous le voyons, manifeste bien que la faiblesse humaine n’est pas un obstacle à l’accomplissement des projets de Dieu, qui agit même par l’intermédiaire de créatures fragiles.

Le chapitre 9 de la lettre aux Romains ouvre une nouvelle section de cet écrit complexe. L’Apôtre traite ici de la question troublante du rejet de Jésus par la grande majorité des Israélites, le peuple auquel il appartient. Ce rejet est particulièrement douloureux pour Paul car, bien qu’il croie en Jésus et soit devenu chrétien, son sentiment d’appartenance à la famille d’Israël reste très fort et il est fermement enraciné dans les traditions de ses ancêtres, même si sa foi au Christ a changé quelque chose. Dans l’une de ses affirmations les plus chargées d’émotion, l’Apôtre écrit : « j'éprouve une grande tristesse et une douleur incessante en mon cœur » ; tristesse et douleur causées par le fait que son propre peuple a rejeté Jésus. Paul est un homme déchiré intérieurement par un conflit de loyautés : son extrême engagement vis-à-vis du Christ et de l’Évangile d’une part, sa loyauté envers son peule d’autre part. Nous sommes ici en présence d’un homme qui vit un conflit intime, d’un être humain si fragile qu’il va jusqu’à dire qu’il souhaiterait être maudit et condamné si cela pouvait être en quelque manière bénéfique à son peuple. Avec tristesse, Paul rappelle tous les privilèges que les Israélites ont reçus de Dieu, en commençant par l’adoption filiale qui les a faits enfants de Dieu. Il précise aussi que le Christ lui-même est issu de ce peuple qui, au terme, l’a désavoué. Cet état d’esprit et de cœur ne relève pas du sentiment momentané et passager. L’Apôtre a porté cette souffrance et cette tristesse tout au long de sa vie et de son ministère. Mais il fut tout de même en mesure d’accomplir sa mission grâce à la présence aidante de Jésus. Ce à quoi il se réfère dans une autre lettre, citant les paroles de réconfort qu’il a entendu du Christ : « Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse. » Et il poursuit : « C'est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ » (2 Co12, 9). Paul, nous le constatons, consent à sa faiblesse et à sa fragilité personnelle. Il va même jusqu'à s’en réjouir, sachant qu’elles peuvent être surmontées par la grâce et le secours que donne Jésus. C’est ce qui lui a permis de poursuivre son ministère.

Pierre est le héros du texte de Matthieu que nous lisons en ce jour. Parmi les passages centrés sur cet apôtre et propres à cet Évangile, nos versets sont les seuls à montrer la fragilité et le « peu de foi » de ce dernier. C’est aussi en Matthieu, et en Matthieu seulement, que nous voyons Pierre essayer de marcher sur l’eau. Au début, il réussit en faisant courageusement quelques pas sur les vagues. Puis il montre sa fragilité et sa vulnérabilité lorsque, confronté au vent qui se lève, il perd confiance et commence à couler. Alors, par un geste vraiment touchant, Jésus étend sa main pour sortir son disciple en train de se noyer et le ramener en sécurité dans la barque. La réaction des autres disciples est elle aussi marquante : ils se prosternent devant Jésus dans un geste d’adoration. Ayant assisté à l’action salvatrice de celui qui a pris en compte la faiblesse et la fragilité de Pierre, ils le reconnaissent comme le Fils de Dieu, partageant sa divinité. En ce sens, constatons-le, seul Matthieu nous montre Jésus en train de tendre la main vers ce disciple dont le peu de foi est miné par le doute et par la peur. Pierre tombera de nouveau, et de façon plus grave, à Gethsémani. Cela étant, ni la chute à laquelle nous assistons aujourd’hui, ni la suivante n’empêcheront Jésus de lui confier le leadership de la jeune communauté chrétienne. De nouveau, nous apprenons que le « peu de foi », le doute et les peurs ne constituent pas un obstacle pour Dieu qui poursuit ses desseins par l’intermédiaire d’êtres humains ô combien fragiles.

Les héros bibliques ne sont jamais irréprochables ou invulnérables. Pratiquement, aucun et aucune de ceux et de celles par lesquels Dieu a agi et qui ont eu pour mission d’accomplir son œuvre dans l’histoire, n’étaient irréprochables et invulnérables. Tous et toutes étaient faillibles et fragiles. Dans la liturgie de ce jour, nous voyons trois des personnages bibliques les plus importants - Élie, Pierre et Paul - dans des situations de détresse et de grande vulnérabilité. Élie était découragé, perdu. Paul se trouvait profondément déchiré entre son engagement pour le Christ et sa loyauté à l’égard de son peuple. Pierre, désireux de ressembler à son Maître, n’a pas pu tenir sa résolution lorsqu’il a été affronté à un environnement menaçant. Il prit ainsi douloureusement conscience d’être un homme de « peu de foi ». Dans les cas d’Élie et de Pierre, nous voyons comment Dieu et Jésus ont rejoint respectivement le prophète et le disciple avec une douceur très réconfortante. Paul, dans son long argumentaire qui couvre les chapitres 9 à 11 de la lettre aux Romains, en arrive à cette conviction que Dieu ne désavouera jamais les Israélites et même qu’en fin de compte, ces derniers accueilleront la lumière de l’Évangile (cf. Rm 11, 1-26). Ces trois lectures nous apprennent que Dieu connait bien la fragilité humaine, mais elle ne le dissuade pas pour autant de confier une mission à des êtres faillibles. Dieu agit dans et à travers les limites et les lacunes des personnes, les assistant pour qu’elles collaborent à son projet de salut dans le monde. Sachant cela, nous pouvons être aussi confiant en Dieu que le psalmiste quand il dit : « le Seigneur lui-même donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit. » Car c’est bien lui qui guide et soutient de sa présence la faiblesse humaine.

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

Un missionnaire catholique allemand, dur à la tâche et œuvrant dans la partie sud du Ghana, ne cesse pas d’émerveiller son entourage à cause de son audace, de son engagement, de son sens du devoir. Il est si intrépide et aventureux qu’il est capable d’entreprendre presque n’importe quel projet et de le mener à bien. Toutefois, en dépit de son tempérament courageux, il a une peur morbide d’une chose, à savoir les seringues. Chaque fois qu’il pose ses yeux sur une seringue dans un centre de soins ou ailleurs, il s’évanouit et sombre dans l’inconscience. Oui, une petite aiguille suffit à lui rappeler sa fragilité et sa vulnérabilité en dépit de son apparente invincibilité.

Élie, cet homme courageux dont la prière avait fait revenir à la vie le fils décédé de la veuve de Sarepta et qui l’avait emporté sur les 400 prophètes de Baal sur le Mont Carmel, nous apparait caché dans une grotte après avoir fui Jézabel qui menaçait sa vie. En dépit de tous ses exploits Élie, comme tout autre être humain, était un homme fragile. Cela étant, il ne fut jamais privé de la présence de Dieu ni de son attention, même dans la grotte. En fait, le radar de Dieu était resté fixé sur lui, ce Dieu qui se révéla à lui dans le bruit d’une brise légère.

Pierre se distingue lui aussi dans la communauté des apôtres, comme un homme impulsif. Dans le texte évangélique, il manifeste qu’il n’a peur de rien en disant : «Seigneur, si c'est bien toi, donne-moi l'ordre de venir à toi sur les eaux. » Toutefois sa fragilité devient évidente quand le vent dégonfle sa foi, alors qu’il essaie de marcher sur la mer. Et le voilà qui commence à couler. Il y faut l’intervention du Seigneur pour l’empêcher de sombrer.

Paul a conduit beaucoup de païens à la foi, mais il a été impuissant à mener au Christ ses frères et sœurs juifs. Il exprime sa fragilité par ces paroles : j'éprouve une grande tristesse et une douleur incessante en mon cœur. Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair… »

Nous pouvons déduire de ce qui précède qu’à un certain moment de leur cheminement de foi Élie, Pierre et Paul ont été confrontés à la réalité de la vulnérabilité humaine – ce qui les a prédisposés à se confier en Dieu plutôt qu’en eux-mêmes. 

Nous avons tous un point faible, quelque chose à l’intérieur de nous-mêmes qui nous rappelle notre impuissance et notre besoin d’une force qui nous dépasse. Nous sommes souvent en quête de grottes où nous cacher quand la tension monte et que de forts vents contraires menacent d’étouffer la vie qui est en nous. Alors nous crions de peur quand il devient évident que nous nous enfonçons dans le bourbier de nos problèmes. Cela étant, le Seigneur est toujours présent à nos côtés pour nous relever lorsque nous tombons, comme il l’a été avec Élie dans sa grotte ou avec Pierre pour l’empêcher de sombrer.

Un proverbe africain affirme qu’« un jeune enfant sur le dos de sa mère peut se permettre de dormir, même en pleine forêt. » Bien que beaucoup de choses puissent l’effrayer, la présence de sa mère est assez sécurisante pour le garder en paix. De la même manière, une conscience profonde de la présence de Dieu dans nos vies est l’antidote à la peur quand celle-ci gagne du terrain en nos cœurs.

Dieu n’appelle pas des êtres humains parfaits. Il appelle des hommes et des femmes marqué/es par la fragilité et il les fait progresser. Il leur donne sa force pour qu’ils/elles accomplissent de grandes choses. Comme c’est le cas des œufs, il y a toujours le danger de tomber et de se briser. Mais quand nous sommes dans les mains de Dieu, nous sommes en sécurité. Le message de Jésus aux disciples terrifiés sur le lac, convient à chacun d’entre nous : «Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte. »

ProverbE

« Un jeune enfant sur le dos de sa mère peut se permettre de dormir, même en pleine forêt » (Proverbe africain)

AGIR

S’examiner :

Ma faiblesse humaine a-t-elle entamé ma confiance dans le Seigneur ? Suis-je en train de « couler » par peur ? Y a-t-il quelque chose qui trouble mon cœur ?

Répondre à Dieu :

Dans le cadre de ma prière, je m’assois tranquillement en présence de Dieu et je lui remets toute la faiblesse qui m’habite.

Répondre à notre monde :

Beaucoup de gens vivent dans la peur à cause des défis qu’ils ont à relever chaque jour. Comme le bruit de la brise légère, notre présence dans leur vie peut leur apporter une espérance. En tant que groupe, ou personnellement, observons notre environnement et identifions une personne à qui nous pourrions apporter une lueur d’espoir et un réconfort ou une situation que nous pourrions améliorer.

PRIER

Seigneur Dieu, tu as prouvé que tu étais un compagnon fidèle dans le pèlerinage que constituent nos vies. C’est en toi que je mets ma confiance et je sais que je ne serai pas déçu/e, par le Christ notre Seigneur. Amen.

 

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Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF - www.aelf.org

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