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- La Parole de Dieu -

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3 Dimanche du Temps Ordinaire

2020-01-26

3 Dimanche du Temps Ordinaire


3 Dimanche du Temps Ordinaire

Année A

Première Lecture Isaïe 8, 23- 9, 3
Psaume Psaume 27, 1. 4. 13–14
Deuxième Lecture 1 Corinthiens 1, 10–13.17
Évangile Matthieu 4, 12-23 ou Matthieu 4, 12-17

PRIER

Psaume 27, 1. 4. 13–14

Yahvé est ma lumière et mon salut,
de qui aurais-je crainte?
Yahvé est le rempart de ma vie,
devant qui tremblerais-je?
 
Une chose qu'à Yahvé je demande,
la chose que je cherche,
c'est d'habiter la maison de Yahvé
tous les jours de ma vie,
de savourer la douceur de Yahvé,
de rechercher son palais.
 
Je le crois, je verrai la bonté de Yahvé
sur la terre des vivants.
Espère en Yahvé, prends cœur et prends courage,
espère en Yahvé.

LIRE LA PAROLE

PREMIÈRE LECTURE
Isaïe 8, 23 - 9, 3

Car n'est-ce pas la nuit pour le pays qui est dans la détresse?
Comme le passé a humilié le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, l'avenir glorifiera le chemin de la mer, au-delà du Jourdain, le district des nations.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân.

DEUXIÈME LECTURE
1 Corinthiens 1, 10–13.17

Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, ayez tous même langage; qu'il n'y ait point parmi vous de divisions; soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée. En effet, mes frères, il m'a été signalé à votre sujet par les gens de Chloé qu'il y a parmi vous des discordes. J'entends par là que chacun de vous dit: "Moi, je suis à Paul" - "Et moi, à Apollos" - "Et moi, à Céphas" - "Et moi, au Christ." Le Christ n’est-il pas ainsi divisé? Serait-ce Paul qui a été crucifié pour vous? Ou bien serait-ce au noma de Paul que vous avez été baptisés?
Car le Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais annoncer l'Evangile, et cela sans la sagesse du langage, pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ.

ÉVANGILE
Matthieu 4, 12-23 ou Matthieu 4, 12-17

Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée et, laissant Nazara, vint s'établir à Capharnaüm, au bord de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète:
 
Terre de Zabulon et terre de Nephtali,
Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations!
Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière;
sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort,
une lumière s'est levée.
 
Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire: "Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche."
 
Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. Et il leur dit: "Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes."
Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent.
Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent.
 
Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple.
 

ENTENDRE LA PAROLE

“LE THÈME : guérir les divisions”

Après le réconfort puissant qui s’est fait entendre dans la liturgie de la Parole de dimanche dernier, nous sommes mis en présence de la réalité du monde tel qu’il est, c’est-à-dire profondément divisé. L’oracle d’Isaïe est l’expression magnifique et poétiquement forte de l’espérance d’une restauration. Celle-ci se dit par la disparition des ténèbres qui enveloppe le pays et la joie du peuple. Mais la question doit être posée : pourquoi la terre était-elle enveloppée de ténèbres et le peuple acculé à vivre dans l’obscurité ? La réponse est à chercher dans l’histoire à laquelle le texte se réfère. Isaïe évoque une période noire et tragique de l’histoire d’Israël. Le prophète parle du pays de Zabulon et de Nephtali, deux tribus israélites appartenant à ce qu’on appelle le « royaume du Nord », ou simplement Israël, habité par dix tribus. Les deux tribus restantes, Juda et Benjamin, formaient le « royaume du Sud », nommé le plus souvent Juda. En 732 avant Jésus Christ, le royaume du Nord fut envahi par l’armée assyrienne dans un but de conquête et d’extension de l’Empire d’Assyrie. Le pays fut donc soumis à une loi étrangère. Les Israélites furent privés de leur liberté et de leur autonomie. Les Assyriens leur imposèrent également leur propre religion. Ce qui voulait dire que les Israélites devaient honorer les dieux assyriens, des idoles, dont des temples et des sanctuaires furent édifiés un peu partout dans le pays. Israël sombra dans les ténèbres de l’oppression politique et religieuse, situation dont il ne se releva jamais vraiment.
Ces événements catastrophiques n’arrivèrent pas de façon soudaine et sans raison. Ils étaient la conséquence d’un autre désastre survenu en 992 avant Jésus Christ. Cette année-là, le puissant état créé par David et Salomon se divisa. Une division provoquée par l’arrogance et la mauvaise administration du fils de Salomon, Roboam, qui avait succédé à son père, un homme avisé. Ce jeune roi obstiné provoqua un conflit entre les tribus d’Israël qui aboutit à la division du royaume en deux états séparés : le royaume du Nord (Israël) avec pour capitale Samarie, et le royaume du Sud (Juda) avec pour capitale Jérusalem. Le peuple du Dieu un allait désormais vivre dans deux entités séparées. Les deux cents ans suivants furent gâchés par les luttes qui opposèrent les deux royaumes et les affaiblirent jusqu’à l’effondrement. Quand les Assyriens arrivèrent, les Israélites divisés, brisés par des années de conflits et de luttes intestines, ne furent plus en mesure d’offrir de résistance conséquente. Le royaume du Nord auquel Isaïe fait allusion par l’expression « pays de Zabulon et de Nephtali » passa sous le joug des Assyriens et vit l’installation d’étrangers qui se mêlèrent à sa population, demeurant sur sa terre. À l’époque de Jésus ce pays était connu sous le nom de Galilée.
Écrivant aux Corinthiens, saint Paul commence par évoquer la cause des nombreux problèmes qui minait la communauté. Comme les Israélites au temps de Roboam, l’Église qui était à Corinthe était profondément divisée. Les raisons de ces divisions n’étaient ni politiques ni géographiques, elles étaient liées à des questions d’allégeances personnelles. Les chrétiens de Corinthe affirmaient leur loyauté à différents leaders, se voulant fidèles à celui qui les avaient fait entrer dans la communauté par le baptême. Le comble de l’ironie, puisque le baptême, le rite qui introduit une personne dans la communauté du peuple de Dieu, était devenu pour les Corinthiens la raison même de l’éclatement de cette communauté. Une fois encore, le pouvoir mortifère de la division est manifeste. Paul chercha à guérir la « maladie » de ses destinataires en insistant sur le non-sens de prêter allégeance à qui que ce soit, même à celui qui les avait baptisés. Et peu importait sa sagesse ou son éloquence ! Car ce qui compte vraiment, c’est l’union au Christ crucifié. C’est à Lui et à lui seul que les chrétiens doivent allégeance. Toutes les autres distinctions sont absurdes et nuisibles.
Jésus commence son ministère en Galilée. Matthieu ne fait pas moins de quatre références à cette région dans ces quelques versets : il nomme deux villes (Nazareth et Capharnaüm) et deux tribus d’Israël (Zabulon et Nephtali), toutes choses qui mettent en évidence l’emplacement géographique. La Galilée avait souffert de l’occupation étrangère pendant des siècles. C’était pour cette raison qu’on en était venu à l’appeler « Galilée des Gentils » (ou « Galilée des nations). Par ces notations, Matthieu souligne la division profonde qui existait au sein du peuple d’Israël à l’époque de Jésus. De fait, les régions du Nord ayant subi l’occupation étrangère étaient considérées comme religieusement et ethniquement suspectes ou « impures » par la population du Sud : Juda et Jérusalem. L’Évangile de Jean reflète clairement cette profonde division. Entendant que Jésus venait de Nazareth, Nathanaël, un Juif pieux, posa la célèbre question : « Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? » (Jean 1, 46). De même, le peuple de Jérusalem trouvait impensable que le Messie de Dieu puisse venir de Galilée (Jean 7, 41). La Galilée, même s’il s’agissait d’une terre riche et fertile, était ainsi considérée comme le pays de l’ombre.
Or précisément, Jésus choisit de commencer son ministère en Galilée. Plus encore, il choisit des hommes de Galilée pour être ses plus proches compagnons et ses apôtres. C’étaient de simples pêcheurs qui, vraisemblablement, ne vivaient pas suivant les hauts standards de pureté et de piété demandés par les chefs religieux de l’époque, lesquels étaient basés à Jérusalem. Manifestement, Jésus refusait les clivages alors en usage. Bien plus, il les contrecarrait.
En Jésus, Dieu a pris pied dans un monde profondément divisé. En Galilée, les divisions étaient liées aux frontières ethniques et géographiques. À Corinthe, elles l’étaient à des questions de loyautés et de préférences personnelles. Cela étant, le résultat est toujours le même, dans le passé comme dans le présent : les divisions enveloppent un pays dans les ténèbres et enferme les communautés, humaines et chrétiennes, dans l’obscurité. La mission de Jésus à l’égard de ce monde divisé a commencé par un appel à la conversion, ce qui littéralement signifie « un changement de direction ». Il a invité à se détourner des divisions et à devenir partie intégrante de la nouvelle communauté qu’il appelait  le Royaume de Dieu. Que Jésus ait utilisé la métaphore de la pêche pour décrire la mission de ses premiers disciples s’avère particulièrement approprié. Pêcher, c’est rassembler des poissons dans un unique filet –une métaphore parfaite en ce qui concerne la création de cette nouvelle unité entre les peuples nommée « Royaume de Dieu ». Les divisions détruisent, les Israélites l’ont douloureusement expérimenté dans leur histoire. Jésus est venu pour guérir les divisions, ces divisions qui existent entre les peuples, mais aussi cette division due au péché qui sépare Dieu et l’humanité. Il a accompli sa mission et laissé à l’Église le soin de la pêche : à savoir, ramener les peuples dans l’unique « filet » du Royaume. Dans notre monde divisé cette mission représente un défi profond. Toutefois, nous demeurons confiants et cherchons, comme le psalmiste l’affirme, à « habiter la maison du Seigneur » en tant qu’unique peuple de Dieu.

ÉCOUTER LA PAROLE DE DIEU

L’unité est une force positive qui tient ensemble les personnes, leur permet de partager une même vision, de réconcilier les différences et de développer une identité commune. Ainsi sont-elles en mesure de savoir qui elles sont et où elles vont. Dans nos vies, l’unité est menacée par les divisions qui nous habitent et celles qui s’instaurent entre nous. Actuellement, nous sommes confrontés aux divisions spécifiques de notre monde : politiques, économiques et culturelles. Le christianisme, en tant que religion, et nous, en tant que chrétiens, ne sommes pas indemnes de ces divisions. Au sein même de nos Églises, nous les rencontrons : dans nos paroisses, dans nos petites communautés chrétiennes, dans nos groupes, dans nos familles. La division montre sont affreux visage lorsque s’élèvent les querelles et s’installent les conflits. Ma famille est en proie à ces luttes comme le sont beaucoup de familles. On se crie des mots durs, on claque les portes. Des murs, tout à la fois physiques et invisibles, s’élèvent dans une famille jusque-là unie. Des camps se forment, des relations sont rompues, des personnes se divisent. Combien d’entre nous ont-ils expérimenté cette même situation terrible au sein de leur famille, des communautés ou des Églises ?
Les désaccords sur les questions importantes sont l’une des raisons les plus habituelles des problèmes, préjugés et disputes entre les membres du peuple de Dieu. La lutte pour le pouvoir, l’influence et l’argent sont également en jeu. Tout ceci crée aussi des divisions et des haines au sein de la communauté séculière. Les divisions peuvent surgir pour n’importe quel motif, important ou non : comment dépenser l’argent, le regard désapprobateur que quelqu’un porte sur moi, l’indélicatesse, les incompréhensions entre les cultures, les différences de fortune et les injustices sociales. Les blessures causées par ces conflits peuvent laisser des marques si profondes qu’elles deviennent des lignes de partage permanentes dans le cœur d’une famille, d’une Église, d’une communauté.
Les divisions représentent un immense scandale parce qu’elles vont à l’encontre de l’essence même de l’Église. De fait, cette essence veut que l’Église soit une, comme Jésus l’a si ardemment désiré (cf. Jean 17). Cela étant, il est un moyen d’empêcher les divisions de s’installer et, peut-être plus important encore, un moyen de guérir une Église, une communauté ou une famille, quelle que soit la profondeur de ces divisions. Nous pouvons et nous devons avancer vers l’unité d’une façon nouvelle. Mais cela demande un changement beaucoup plus important que ce que nous avions généralement pensé ou imaginé. Le Seigneur ne veut pas d’un « état de guerre civile » permanent entre nous ou encore la déclaration d’une trêve fausse, parce que l’hostilité demeure dans nos cœurs. Il veut que nous allions au-delà des divisions et revenions à l’état d’unité originelle antérieure aux hostilités. Il veut que les relations soient restaurées et que les communautés et les cœurs soient unis, que cessent les divisions ayant rompu l’harmonie entre les croyants, les amis ou les membres d’une même famille.
Le Christ a restauré nos relations brisées avec Dieu. Il a pris l’initiative de guérir ce que nous ne pouvions guérir nous-mêmes, jetant un pont au-dessus de l’abîme qui nous séparait les uns des autres et nous séparait de Lui. Il nous a réconciliés avec lui et nous a appelés à nous réconcilier entre nous. Nous pouvons donc surmonter nos divisions et nous réconcilier dans nos familles et nos communautés, lorsque nous le prenons comme la source de notre unité. Si nous réalisons que nous lui appartenons et que nous le servons dans son Église, nos divisions et nos différences nous apparaissent comme insignifiantes et superficielles. Nous sommes un peuple sous un seul Seigneur et nous vivons pour un seul Dieu que nous servons. Il est complètement fou d’être divisé dans la famille de Dieu. Célébrons aujourd’hui ce que nous avons d’unique, célébrons aussi notre unité. Réfléchissons sur notre vocation à être des artisans de guérison et d’unité dans nos communautés, nos familles, parmi nos amis et au sein de notre Église trop souvent divisée.

ProverbE

“Traverse la rivière avec d’autres, et le crocodile ne te mangera pas” 

(Proverbe africain)

AGIR

S’examiner :

Réfléchissez sur vos expériences de division et sur les sentiments qui les accompagnent. Avez-vous déjà été à l’origine de divisions ?
Réfléchissez sur les divisions qui existent dans vos groupes d’appartenance (ethnie, classe sociale, sexe, âge et race) et aux conséquences de cette situation pour ceux qui sont divisés.

Répondre à Dieu :

Confessez les péchés de division qui viennent de vous, de votre groupe, de votre paroisse.
Priez pour un nouveau commencement où vous serez un canal de guérison.

Répondre au monde :

Identifiez les divisions qui sont à l’œuvre dans votre communauté (votre groupe, votre famille, vos écoles paroissiales). Quels pas concrets pouvez-vous faire pour y promouvoir la guérison ? Prenez la résolution de faire au moins un pas pour résoudre au moins un conflit particulier qui affecte votre communauté.

PRIER

O Dieu, ton amour s’étend à tout être humain et pour cela nous te rendons grâces et nous te louons. Nous sommes en quête de guérison pour notre communauté et d’un chemin pour avancer ensemble. Dieu bienveillant, aide-nous à traiter les autres avec respect et amour, sans tenir compte de nos divergences d’opinion. Par ton Esprit, aide-nous à chercher et à promouvoir un authentique esprit de guérison et un esprit de discernement ouvert, face à nos divisions. Que nous sachions inspirer les autres pour que, dans leurs relations à chacun, ils soient le reflet de l’amour de Jésus qui unit. Je te le demande par Jésus Christ notre Seigneur. Amen.

 

Textes bibliques reproduits avec l’accord de l’AELF – www.aelf.org

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